Le rêve des sœurs Monna

Anne et Catherine Monna en ont rêvé pendant cinq ans, et cet été, il prend enfin vie. Ce domaine qui leur ressemble et qui propose une expérience unique aux visiteurs est maintenant réalité. Caribou a été invité à découvrir les transformations de la maison Cassis Monna & Filles, située à l’entrée de l’Île d’Orléans.

Texte et photos de Geneviève Vézina-Montplaisir

Anne a étudié en cinéma, Catherine, elle, en photographie. Leur père, Bernard, premier producteur de vin et de crème de cassis au Québec dans les années 1970, est un artiste qui a transmis à ses deux filles sa fibre entrepreneuriale. Depuis qu’elles ont pris les rênes de l’entreprise familiale au début des années 2000, les sœurs Monna ont décidé de mettre l’audace et l’esthétisme au cœur de leurs décisions d’affaires.

Il y a 10 ans, elles ont choisi de faire table rase d’une partie de l’héritage paternel. Le nom Cassis de l’Ile ensorceleuse et son image très artisanale ont été remplacés par un nouveau nom Cassis Monna & Filles, ainsi qu’une toute nouvelle image de marque plus épurée et organique, imaginée par l’agence montréalaise OrangeTango. Les filles ont eu du pif, l’entreprise a par la suite multiplié son chiffre d’affaires.

«C’était assez novateur à l’époque pour un producteur d’aller voir une grande agence plutôt que le graphiste du coin qui est pas mal moins cher. On a décidé de s’entourer de meilleurs que nous, de ne pas faire de compromis, et ça a tracé la voie de comment on allait travailler dans l’avenir», souligne Anne, sirotant une sangria au vin de cassis, installée sur la magnifique terrasse privée du domaine.

Celle-ci est un petit alcôve sur le toit de la toute nouvelle maison contemporaine des sœurs Monna, offrant, côté nord, une magnifique vue sur le fleuve Saint-Laurent, mais aussi sur la grange ancestrale, nouvellement rénovée et accueillant maintenant la cuverie. Côté sud: des champs de plants de cassis à perte de vue, gorgés de petits fruits noirs, qui commenceront à être récoltés le surlendemain.

Cassis_Vf

Le design de la nouvelle bâtisse de bois et de métal aux lignes contemporaines a été réalisé par François Lemoine de chez DMA Architecte, avec les idées et les inspirations des sœurs Monna.

«On avait des produits qui nous ressemblaient, mais pas un espace qui, lui, nous ressemblait. C’est notre milieu de vie ici et aujourd’hui ça exprime vraiment notre personnalité. On a créé quelque chose qu’on aimerait visiter comme touriste et une expérience qu’on aimerait vivre. En Californie, c’est une sortie aller dans un vignoble. Les gens vont boire un verre et avoir du fun entre amis. La dégustation traditionnelle, l’achat de produit: ils sont vraiment ailleurs. Je lis beaucoup sur le tourisme et les nouvelles générations, et ce qu’elles veulent, c’est un échange avec la personne qui les fait déguster et découvrir un nouveau produit. Avant, nos lieux ne se prêtaient pas à ça, mais aujourd’hui, oui.»

Le nouvel aménagement du domaine représente donc cet état d’esprit et démontre bien que les sœurs Monna ont envie d’être un modèle pour l’avenir de l’expérience agrotouristique au Québec. Le pavillon accueille donc une nouvelle crèmerie (la seule qui sert de la molle artisanale dans la région de Québec) et possède une aire de détente qui mène au restaurant saisonnier La Monnaguette, maintenant doté d’une grande terrasse qui surplombe le domaine.

À l’étage inférieur, on retrouve la nouvelle boutique et son bar à dégustation. Et à l’extérieur, on découvre un petit bar à cocktails ainsi que d’autres tables pour profiter de la vue.

Plus loin, des tables à pique-nique, des bean bag et une petite pergola pour accueillir les groupes. Dans la grange, qui servait jadis de débarras, on peut voir par la grande vitre comment est transformé le cassis. On offre aussi maintenant des visites guidées et un économusée qui démystifiera le cassis – un fruit assez méconnu – sera aménagé sou peu.

«Et il y a le haut de la grange qui est notre futur terrain de jeu! On a déjà beaucoup de demande pour des mariages, mais moi j’aimerais en faire un espace pour des résidences d’artistes, souhaite Anne. L’année prochaine, pour les 25 ans de l’entreprise, on pense probablement présenter quelques spectacles. On aime ça recevoir!»

Ça paraît!