Festival LV3, là où cuisine et culture vont de pair

La fin de semaine dernière avait lieu le premier festival LV3, dans Lanaudière, auquel Caribou a participé. D’emblée, au sein d’une programmation culturelle riche, on avait choisi de faire une belle place à la gastronomie. Et si cuisine et culture allaient de pair? C’est ce qu’entrevoit le copromoteur de LV3, Jean-Sébastien Martin, qui est aussi directeur du service de la culture, du patrimoine, des arts et des lettres de Lavaltrie, ainsi que directeur artistique du Café culturel de la Chasse-galerie.

Un texte de Véronique Leduc

D’où vient l’idée de LV3?
C’est une idée qui germait dans la tête de plusieurs partenaires depuis un certain temps. Nous trouvions que le cœur du village de Lavaltrie, avec le Café de la Chasse-galerie et son vaste terrain, l’église, le restaurant Décante et les bureaux branchés de la boîte de technologies Devolutions, était propice à un événement sans clôture où on peut passer facilement d’un lieu à l’autre. Nous voulions créer un festival original qui marierait différents styles. Nous aimions par exemple beaucoup l’esprit du festival musical Le Festif, à Baie Saint-Paul, pour le fait qu’il investi plusieurs lieux de la ville, ou de l’immense South by Southwest, à Austin au Texas, pour son aspect multivolets. Pour le nom, nous avons opté pour LV3 pour faire référence au gentilé «Lavaltrois» et aux trois niches du festival qui sont «culture, technologie et inspiration».

Combien le festival a-t-il reçu d’invités?
Sur trois jours, nous avons reçu une quinzaine d’invités dont The Franklin Electric, Bobby Bazini, Émile Bilodeau, Miss Harvey – une joueuse professionnelle de sport électronique –, des humoristes et le chef Martin Juneau. Les performances ont été appréciées par quelques milliers de visiteurs.

Pourquoi avoir inclus un volet culinaire au milieu d’une programmation plus artistique?
Ce qu’on souhaite, c’est que LV3 soit une destination. Il n’y a que 13 000 personnes qui vivent à Lavaltrie alors si on veut attirer des gens de l’extérieur, il faut que le festival deviennent une destination. Et qu’est-ce qu’on recherche dans le choix d’une destination? Du beau temps, des lieux inspirants, de l’animation culturelle et une bonne gastronomie. Dans la plupart des festivals, on trouve quelques camions de cuisine de rue qui permettent de se nourrir. C’est intéressant, mais dans ce cas, la bouffe est plutôt accessoire. Nous voulions offrir davantage aux festivaliers, grâce à une expérience culinaire qui sorte de l’ordinaire.

Nous voulions qu’à l’intérieur de sa visite à LV3, le visiteur puisse vivre une expérience gastronomique inspirante. C’est pourquoi nous avons intégré cette dernière au volet «inspiration».

À quoi ressemblait cette expérience culinaire?
Le vendredi soir, le chef Martin Juneau, du Pastaga, à Montréal, investissait la cuisine du restaurant Le Décante afin d’offrir deux repas de quatre ou sept services inspirés des produits de saison. Le samedi, il proposait à la Chasse-galerie «la grande tablée» qui consistait en un repas où les convives partageaient plusieurs plats de saison mis au milieu des tables. En même temps que ce dernier repas, les spectacles musicaux extérieurs continuaient sur le terrain de la Chasse-galerie, et les convives pouvaient se promener entre les deux «performances». C’était une façon de bien intégrer les offres l’une à l’autre. Dans les deux cas, Caribou était présent pour parler de culture culinaire et pour présenter les plats qui étaient servis.

Donc, selon toi, la cuisine aurait sa place en culture?
Quand j’ai vu Martin Juneau se débrouiller pour sortir des plats exquis de l’espace très restreint dont il disposait à la Chasse-galerie, j’ai pensé que sans aucun doute, c’était de l’art! Les chefs, selon moi, sont des artistes! Et je pense que les gens présents l’ont senti aussi: les participants, autour de la table, assistaient à une performance. D’ailleurs, pour le festival, dès le départ, nous avons considéré Martin Juneau comme une tête d’affiche au même titre que les musiciens. Pour assister à son souper, il fallait se procurer des billets comme on l’aurait fait pour un spectacle.

Projetez-vous inclure encore un volet gastronomique dans le futur?
Absolument. Cette année, notre idée était de planter des graines pour voir ce qui allait germer. Et le volet gastronomique a bien fonctionné. L’an prochain, nous voudrions encore mieux l’intégrer à la programmation et lui faire sa place en plein cœur des sites.