Idée #3 pour le Québec agroalimentaire de demain: enseigner notre identité culinaire dans les écoles

En 2014, dans son premier numéro, Caribou a demandé à des personnalités québécoises de penser à une idée pour améliorer le Québec agroalimentaire de demain. En 2018, alors que le gouvernement s’apprête à déposer sa première politique bioalimentaire, ces propositions sont encore bien d’actualité et pourraient grandement inspirer nos dirigeants.

Idée #3: Présenter l’identité culinaire québécoise dans les écoles de cuisine 

Par Audrey Simard et Emmanuelle Choquette, fondatrices de Papilles développement  

«Nous rêvons de voir les écoles de cuisine présenter des cours où la cuisine patrimoniale du Québec serait racontée et enseignée aux étudiants. Où les techniques culinaires québécoises, celles de nos grands-mères, celles des autochtones, celles des cooks de chantier, seraient mises en valeur. Montrer leur façon de faire de la pâte et du pain, plutôt qu’exclusivement les techniques des grands chefs français. Parce que ce sont ces jeunes chefs qui feront la gastronomie québécoise de demain, il est impératif de leur apprendre notre cuisine. De leur permettre d’en être fiers, enfin.

Nous rêvons d’un Québec alimentaire qui se construit à partir de sa véritable identité. Qui connaît son histoire culinaire, qui en saisit la richesse et la diversité. Qui comprend intimement son territoire et son climat, et qui en tire des terroirs distinctifs. Comment se fait-il que, dans une province au climat nordique où les aliments ne sont pas disponibles à l’année, plusieurs restaurateurs boudent encore les produits congelés ou les conserves, alors que cela fait partie intégrante de notre réalité?

Nous rêvons d’un Québec qui comprend que notre curiosité naturelle, notre personnalité aimant mélanger les choses au lieu de les juxtaposer et nos origines multiples ont créé une cuisine unique au monde, une gastronomie québécoise qui réinvente cette identité pour la servir aujourd’hui sur les tables des restaurants. Une identité où la notion de territoire permet aux cuisines autochtones, britannique et française de se côtoyer et où les familles se réapproprient les garde-manger naturels.»

[Illustration: Michèle Lévesque]