Dans les coulisses de la fabrication du Ginto

Petite sœur de la microbrasserie montréalaise Glutenberg, qui continue de faire sa marque au pays et à l’international avec ses bières sans gluten, et de Transbroue, distributeur de bières microbrassées au Québec, la brasserie et distillerie Oshlag lance ce printemps un cocktail à base de gin d’hibiscus et d’agrumes confits: le Ginto!

Article présenté par Oshlag

Depuis 2016, l’entreprise montréalaise s’est rapidement taillé une place de choix dans le monde des bières et des spiritueux artisanaux québécois. «Mais la brasserie et la distillerie travaillaient chacune en parallèle sans vraiment se croiser. Je cherchais une façon de lier ces deux univers et de faire travailler les deux dans la création d’un même produit», explique Jean-François Théorêt, maître distillateur d’Oshlag, présentement seule brasserie-distillerie en activité au Québec. 

C’est donc à partir d’un vrai gin, le populaire Gin Hibiscus à la douce couleur rose, et non avec des alcomalts se présentant comme des spiritueux, que le Ginto est réalisé. «L’idéation à la base était de réaliser un gin tonic. N’empêche que les gens peuvent aisément concocter ce cocktail à la maison. On a donc conçu un prêt-à-boire qui s’en rapproche beaucoup, plus punché, très rafraîchissant et floral», soutient le maître distillateur.

Caribou s’est invité à la brasserie-distillerie d’Hochelaga-Maisonneuve pour voir en détail comment est fabriqué ce nouvel alcool prêt-à-boire.

De l’alambic à l’univers brassicole

Afin de réaliser un gin, on part en général d’une base d’alcool de grain neutre, à laquelle sont ajoutées des baies de genévrier qui constituent la base de tout gin. Dans le cas du Gin Hibiscus, on y plonge aussi des fleurs séchées d’hibiscus, de l’écorce de pamplemousse, des graines de coriandre, des racines d’iris et de la racine de réglisse qui y macéreront de 24 à 48 heures. Au-delà des parfums, les épices ont aussi certaines propriétés, telles que la racine d’iris qui ajoute un parfum floral évoquant celui la violette, mais contribuera aussi à fixer par la suite les arômes plus volatiles.

Le macérat sera ensuite envoyé dans une cuve de l’alambic, doucement chauffé à la vapeur afin de favoriser les extractions aromatiques et que les alcools s’évaporent et circulent à travers la tuyauterie. Ces vapeurs passeront ensuite dans un serpentin et se condenseront, dû à la présence de l’eau froide dans le réservoir, avant que le distillat soit recueilli dans une cuve. 

Plutôt que d’être embouteillé, le Gin Hibiscus est envoyé dans l’une des cuves de brassage destinées habituellement à la fabrication de la bière afin de réaliser le Ginto.  Des arômes d’hibiscus, de citron, de l’écorce de quinquina (qui contient la fameuse quinine, composante aromatique de l’eau tonique), sont ensuite ajoutés avec du sucre et la quantité d’eau nécessaire afin de diminuer le taux d’alcool de 40 à 7%. 

«On ajoute ces extraits naturels d’hibiscus et de citron afin de faire ressortir davantage la fleur plutôt que sur le gin comme tel. Mais l’idée n’est pas non plus de masquer le goût du gin, au contraire!» précise Jean-François Théorêt. La gazéification s’effectue finalement à même la cuve avant que le Ginto soit prêt à être mis en canette. 

Avec ce premier prêt-à-boire, Oshlag entend travailler à déconstruire l’idée populaire qu’il s’agit d’un produit de qualité ordinaire parce que c’est facile à emporter et rapide à servir. Ou encore l’image du prêt-à-boire nécessairement bourré de sucre, goûtant le jus, qui semble encore présente dans l’esprit d’une part importante de la population. 

«La réponse du marché est bien au-delà de nos attentes et nous travaillons d’arrache-pied pour continuer d’approvisionner les nombreuses succursales SAQ où il est disponible», souligne le maître distillateur, visiblement satisfait. 

Plus d’infos: oshlag.com
Pour le trouver à la SAQ:
saq.com