Combia: un café aux saveurs familiales

Lorena et sa famille au lancement de Combia. / Photo de Caroline Perron

À 29 ans, Lorena Meneses Urrea ne chôme pas. Après avoir lancé une entreprise d’importation, de transformation et de torréfaction de café et ouvert un café ayant pignon sur rue à Saint-Hyacinthe, elle s’attaque maintenant à la production et au lancement de sa propre gamme de café infusé à froid (cold brew), Combia.  «Avec un poupon de quelques mois à la maison, c’est comme si j’accouchais de deux bébés en même temps!» s’exclame l’énergique jeune fille.

Texte présenté par Combia

Lorena Meneses Urrea ne se destinait pourtant pas si tôt aux affaires. Après avoir étudié en science politique et immigration à l’UQAM, la Colombienne d’origine décide de «légèrement» devancer son plan de retraite et d’ouvrir son propre café… à 25 ans. «Je voulais faire le pont entre les deux pays grâce au café. Je suis au Québec depuis 10 ans, et ici pour rester, mais j’avais cet appel de mes racines.» Elle procède méthodiquement, en commercialisant d’abord ses grains. En 2017, le café Mareiwa (qui signifie bonheur en arhuaco, une langue indigène) ouvre ses portes sur la rue des Cascades à Saint-Hyacinthe.

Une histoire de famille

Il faut dire que la pomme n’est pas tombée très loin de l’arbre: la famille Meneses baigne dans le café depuis trois générations, et les parents, le frère et même l’amoureux de Lorena prennent part à son entreprise. Son père et son grand-père ont toujours cultivé le café, et Lorena a été impliquée sur la ferme d’aussi loin qu’elle se rappelle: «Mon grand-père nous a appris à prendre soin de la terre, des produits qu’on consomme», se souvient-elle. À 88 ans, Abel Meneses cultive encore son petit lopin de terre dans le Serranía del Perijá, au nord de la Colombie. 

Le grand-père de Lorena, en Colombie. / Photo de Joel Meneses

Au début de son entreprise, Lorena a passé deux mois en Colombie avec son père, qui s’occupe aujourd’hui du côté importation, pour sélectionner ses grains. «Nous avons parcouru plusieurs fermes, et trouvé une coopérative, dirigée par un ancien voisin de mon grand-père et qui correspondait à nos valeurs», raconte-t-elle. Celle-ci regroupe 450 fermes, produit son café de la façon la plus naturelle possible et fournit des grains de haute qualité.

La coopérative emploie également des Autochtones et des femmes. Un détail non négligeable dans le monde masculin de la production de café. «En Amérique du Sud, la situation des femmes est plus difficile en général qu’ici, et la torréfaction reste un domaine traditionnellement masculin. Dans la coopérative, les femmes sont impliquées à toutes les étapes», explique Lorena… qui doit mettre les bouchées doubles en tant que jeune femme pour évoluer dans ce monde. «C’est difficile d’avoir de la crédibilité», ajoute-t-elle. Lorena se perfectionne donc constamment en suivant des formations ici comme à l’étranger.

«En Amérique du Sud, la situation des femmes est plus difficile en général qu’ici, et la torréfaction reste un domaine traditionnellement masculin.»

Des projets plein la tête

Les Meneses exportent leurs grains verts directement de Colombie, qu’ils torréfient à Saint-Hyacinthe avant de les distribuer. Ne pas avoir d’intermédiaire signifie un meilleur contrôle de la qualité des grains, mais surtout un prix plus juste pour les fermiers.

Leur dernière idée? Lancer Combia, leur propre marque de café cold brew (café infusé à froid), un créneau peu exploité au Québec. «Nous voulions faire un cold brew différent. Ce qu’on voit sur les tablettes en ce moment provient de grandes chaînes, c’est très sucré et ça contient des agents de conservations artificiels.» Trouver la recette parfaite aura pris deux ans de recherches et développement en collaboration avec le plus gros laboratoire du Québec. Le secret? Une infusion très longue grâce au développement d’équipement sur mesure, pour un café avec 75% moins d’amertume, des produits sans sucre raffiné ni agent de conservation, offert dans quatre saveurs: original (noir), café au lait, mocha (avec du vrai cacao), et érable, pour une petite touche québécoise. Le tout servi dans des canettes recyclables et avec le moins d’emballage carton possible.

Avec son visuel joyeux et coloré et son nom qui évoque la cumbia, une danse traditionnelle colombienne, Combia est un produit clairement colombien… Et résolument québécois, alors que sa fabrication a exigé la construction d’une nouvelle usine de transformation à Saint-Hyacinthe. Tout comme sa propriétaire, Combia se veut l’exemple d’un bel équilibre de cultures. «C’est une belle histoire d’intégration», rappelle dans un parfait français la dynamique femme d’affaires.