La douce aventure acéricole de la famille Thibodeau-Malenfant

La famille de l'Érablière escuminacÉRABLIÈRE ESCUMINAC : MÉDAILLE D’OR DE L’ORDRE NATIONAL DU MÉRITE AGRICOLE 2019 | GASPÉSIE

Les élégantes bouteilles de verre de l’Érablière Escuminac, gravées d’un motif de forêt stylisé, n’ont rien à envier à celles qui renferment les cépages les plus précieux. Normal, les sirops produits sur ces abrupts coteaux tirent leurs arômes d’un terroir d’une grande richesse. Pourquoi? Notamment parce que ce coin de la baie des Chaleurs jouit d’un climat bien particulier.

Article présenté par le MAPAQ

Loin de pester contre les hivers rigoureux et les printemps tardifs, Martin Malenfant les adore depuis qu’il s’est lancé dans l’aventure acéricole avec sa conjointe Hélen Thibodeau en 1999. Les nuits froides printanières, suivies de journées chaudes, l’assurent de produire un sirop d’érable goûteux et subtil, riche en minéraux et en antioxydants.

Autre particularité de cette forêt centenaire, qui abrite 65 000 entailles sur 500 hectares : le sirop de merisier, ou de bouleau jaune, produit sur place. Son équilibre entre acidité et sucre permet de l’utiliser à toutes les sauces, un peu à la manière du vinaigre balsamique vieilli, qui a déjà séduit plusieurs grands chefs. 

Conscient de la fragilité de l’écosystème qui l’entoure, le propriétaire, qui préside l’Association des producteurs transformateurs acéricoles du Québec, a choisi une production biologique.

Voilà pourquoi il conserve les différentes essences d’arbres dans l’érablière. Il amende aussi le sol avec de la cendre de bois, de la chaux agricole ou d’autres engrais biologiques. Il minimise ainsi la contamination, pour que la saveur du sirop s’exprime librement. 

Ce parti-pris pour la nature et le recours aux plus récents outils technologiques permettent d’améliorer constamment l’efficacité de l’érablière ainsi que la qualité et la traçabilité de ses produits. Par exemple, un système informatisé de sondes sans fil mesure à distance, en temps réel, la température et l’état des pompes qui acheminent l’eau d’érable vers l’évaporateur. Ces données sont compilées dans des graphiques de production plusieurs fois par saison. Ainsi informée, l’équipe d’employés peut gérer la production plus efficacement au moyen d’un organigramme qui précise les tâches de chacun.

Tous ces ingrédients concourent à produire un sirop «Single Forest» couronné de plusieurs prix et apprécié des foodies du monde entier. De plus, l’excellent site transactionnel de l’entreprise favorise la mise en marché. Assistés par leur fils Jason, Martin et Hélen projettent d’ajouter
75 000 entailles d’ici 5 ans. L’avenir s’annonce doux.