Manger local en temps de COVID-19 dans Brome-Missisquoi, c’est possible

Plusieurs personnes cherchent présentement à manger le plus local possible afin de soutenir les entreprises alimentaires d’ici pendant la pandémie de COVID-19. Plusieurs options de livraisons à domicile ou de prêt-à-manger sont offertes partout au Québec, il suffit de faire un peu de recherche pour faire notre part. La journaliste Nathalie Rivard nous raconte comment elle s’y prend dans son coin de pays: Brome-Missisquoi, dans les Cantons-de-l’Est.

Texte de Nathalie Rivard
Illustration de Matthieu Goyer

Depuis le 14 mars, je suis fière de dire que je mange à 90% local, principalement d’entreprises de ma région, Brome-Missisquoi, mais aussi de quelques autres entreprises québécoises grâce à des plateformes comme Maturin.

Comment s’organisent mes achats alimentaires?

Je fais tout livrer à la maison ou presque, en raison du confinement. Tout a commencé avec La Coop Le Terroir Solidaire qui a été parmi les premières de ma région à offrir les livraisons à domicile. Puis Frédéric Gault du Roundtop Bagel de Sutton a lancé la plateforme localbagel.com sur laquelle on pouvait commander des bagels, mais aussi des légumes bios de quelques fermes dont Les Potagers des Nues-Mains, de la farine, de la viande, du fromage et de nombreux aliments tous de producteurs locaux. Comme je fais mon pain au levain et que j’avais de la difficulté à trouver de la farine bio, je me suis même commandé un sac de 20 livres de farine du Roundtop. La livraison était pratique, car elle se faisait le jour même, si on commandait avant 15h. Depuis le 5 mai, comme les commerces ont commencé à ouvrir aux clients, ils sont passés en mode épicerie et on doit maintenant passer chercher nos aliments sur place.

À Bolton-Est, le Rucher Boltonnois a mis sur pied un marché public en ligne il y a près d’un mois avec collecte sans contact le samedi matin. On passe sa commande avant le jeudi soir minuit et on nous indique à quelle heure passer la chercher le samedi matin. Ils placent notre boîte directement dans le coffre de la voiture et on est prêt à repartir.

Grande fan du saumon des Fumoirs Gosselin, un camion est passé m’en livrer à la maison et même Tite-Frette fait la livraison de bières de microbrasseries du Québec, tout comme certains vignobles de la Route des vins.

Ne reculant devant rien, je suis sortie temporairement de mon confinement dans les deux dernières semaines pour aller chercher des croissants au Fontina fumé et quelques autres délices de la petite boulangerie artisanale Les Herbes Hautes à Austin. La première bouchée de mon croissant au fromage, mangé dès mon retour à l’auto, a été un moment fort de mon confinement, rien de moins! C’est comme si on avait décroché la lune juste pour moi!

Je commande aussi chaque semaine sur maturin.ca des légumes de serre du Québec, du lait de vache Jersey de la Fromagerie Missiska et d’autres produits québécois qui me sont livrés à la maison. 

L’épicerie dans tout ça? 

Je n’y ai pas mis les pieds depuis le début du confinement, mais j’ai des amis qui m’ont ramassé trois ou quatre produits à deux reprises, dont des bananes pour faire le célèbre pain aux bananes de Ricardo. 

Je calcule donc que mon apport d’achat alimentaire local est passé de 50% à 90% en moins de six semaines. Pour chaque dollar dépensé chez des producteurs d’ici, je mets de l’argent dans les poches d’une famille ou de quelqu’un qui peut nourrir la sienne, qui embauche des travailleurs d’ici et fait rouler notre économie. 

Ça me rend fière qu’individuellement on puisse faire une petite différence. Une habitude à conserver après que nous aurons retrouvé notre liberté, en passant directement chez plusieurs des producteurs pour continuer d’investir dans notre économie de proximité et surtout les remercier d’être là pour nous.

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