Savourer la Gaspésie en temps de pandémie

Manger local en Gaspésie

Plusieurs personnes cherchent présentement à manger le plus local possible afin de soutenir les entreprises alimentaires d’ici pendant la pandémie de COVID-19. Manger local, c’est d’abord consommer ce que notre région a à nous offrir. C’est ce que fait la journaliste Mélanie Gagné, qui habite Matane, en Gaspésie.

Texte de Mélanie Gagné
Illustration de Matthieu Goyer

J’aime l’odeur réconfortante du pain qui cuit, offrir les premières tranches à mon garçon et à mon chum, aller porter un pain à ma mère sur son balcon. Depuis le mois de mars, je fais mon pain. La pandémie m’a ramenée à l’essentiel: ralentir, cuisiner, manger, aimer, jouer dehors. 

J’ai eu le confinement heureux. Je suis consciente de ma chance. J’étais avec mon chum, mon fils, les montagnes et le fleuve. On a bien mangé. Si bien que nous avons vécu quelques Pâques cette année! Ha ha ha! C’est la faute à Couleur Chocolat!

J’ai ajouté des fraises, des framboises et des camerises au petit jardin dans ma cour. Je mange local encore plus que d’habitude et je rêve plus que jamais à l’autonomie alimentaire du Québec. La Gaspésie (et l’Est du Québec) est un riche garde-manger qui offre de multiples possibilités de repas. Cet automne, je veux apprendre à faire des conserves en suivant un atelier en ligne avec Myriam de la conserverie mobile Au tour du pot. J’aimerais faire des réserves de fruits et de légumes locaux.

Des ressources pour manger local malgré tout

L’association Gaspésie Gourmande et ses membres ont travaillé fort dès le mois de mars afin que les consommateurs puissent continuer à se procurer des produits gaspésiens. Johanne Michaud, directrice générale de cette association, soutient qu’un bon nombre d’entreprises bioalimentaires de la péninsule ont rapidement trouvé des solutions pour demeurer en opération: «De nouveaux canaux de mise en marché ont été développés. Nos membres ont mis l’accent sur la vente en ligne et la livraison. De notre côté, on a adapté nos outils (le Guide-Magazine et le site web) et nous avons aussi ajouté des produits dans notre boutique en ligne. Nous sommes passés de 60 à 130 produits. On a vu la vente en ligne exploser! On propose entre autres des boîtes thématiques.» Johanne Michaud espère que cet enthousiasme pour le commerce de proximité continue de grandir et de réconforter les gens.

Ces efforts ont fait en sorte que nous puissions continuer à mettre sur notre table poissons et fruits de mers, pâtisseries, chocolats, vins, bières, pains, farines, viandes, algues, légumes du coin… Pour connaître en un coup d’oeil toutes les initiatives des entreprises membres de Gaspésie Gourmande, consultez leur répertoire. Gaspésie Gourmande mettra aussi en temps et lieu sur son site web des informations sur les marchés publics gaspésiens.

Antoine Nicolas,  président directeur général de l’entreprise Un océan de saveurs de Gaspé, spécialisée dans la cueillette et la transformation d’algues certifiées biologiques, a décidé d’ajouter des produits alimentaires québécois à sa boutique en ligne, par solidarité pour les producteurs.

Le chef gaspésien Yannick Ouellet, du projet Croquez la Gaspésie, adore sa région et se fait un devoir depuis toujours de la valoriser. Il a lui aussi sa boutique en ligne et propose notamment des boîtes gaspésiennes à croquer.

La route des bières de l’est du Québec donne les détails sur les microbrasseries, leurs mesures et les produits disponibles. Une bière collaborative a été créée pour prôner le boire local.

De leur côté, nos distilleries, O’Dwyer et La Société secrète, ont fabriqué des produits antiseptiques. À La Société secrète, on peut aussi commander des spiritueux en ligne et passer les chercher.

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Cette année, la certification Fourchette bleue est gratuite pour les poissonneries et restaurants du Québec. Il s’agit d’une belle opportunité de contribuer à la protection du Saint-Laurent et à la valorisation des poissons et fruits de mer d’ici.

Le chouette projet Manger notre Saint-Laurent nous invite aussi à mettre dans notre assiette plus de poissons et de fruits de mer de chez nous.

Au fond, il suffit de revenir à la base: s’informer, s’entraider, cultiver, conserver, cuisiner, suivre les saisons. J’aime la solidarité, l’esprit de communauté qui émanent de notre façon de consommer en ce temps de crise.