La pêche au… goéland

pêche au goéland

Oiseau emblématique des aires de pique-nique et de ces vacances passées à ériger des châteaux de sable sur les plages nord-américaines, le goéland fait certainement partie de groupes d’oiseaux présents dans notre quotidien; ceux que l’on reconnaît au premier coup d’œil. Mais comment réagiriez-vous à l’idée d’ajouter une cuisse de goéland au menu? 

Texte d’Alex Cruz et Cyril Gonzales, d’École B
Illustrations de Matthieu Goyer

On suppose que cela susciterait un certain dégoût chez vous, et que ce sentiment serait équitablement partagé au sein de vos pairs. Cependant, il n’en a pas toujours été le cas au Québec. Surtout pas le long de nos côtes maritimes. Loin du fait divers et n’en déplaise à certaines âmes sensibles, la consommation de goéland a bel et bien existé chez nous.   

Dans les faits, différentes fouilles archéologiques font de toute évidence état de rituels de consommations associées au goéland, et ce, depuis au moins le 6e siècle. Non seulement ces mœurs ont transcendé les siècles, mais aussi ces divers groupes de population qui ont successivement habité et squatté maisons sur nos côtes maritimes.

Quoiqu’aujourd’hui l’idée de réintégrer le goéland au menu semble être tout sauf un long fleuve tranquille. Il n’en reste pas moins que l’étude des anciennes pratiques liées à la consommation de goéland au Québec est franchement fascinante et nous permet de poser un regard différent sur notre patrimoine alimentaire maritime.

À titre d’exemple, à quoi pouvait bien rassembler une cueillette d’œufs de goéland chez les Innus de la Côte-Nord?

Comment adroitement décrire la technique de rôtissage sous une tente (mishuap) toujours pratiquée par les Cris de la Baie-James lorsqu’on prend conscience que celle-ci relève bien plus d’un fait social total que d’une simple technique de cuisson populaire?   

Afin de vous donner encore plus le goût de plonger dans ce sujet, concluons cette capsule sur une technique de pêche au goéland à laquelle s’adonnaient autrefois certains enfants de la Gaspésie. Celle-ci consistait à lancer une ligne de pêche appâtée de hareng vers le goéland; aux dires, ça mordait apparemment très bien, et une fois apprêté, ça goûtait un peu comme du poulet…         

À propos du Carnet d’École-B

École-B partage des faits saillants et insolites d’une culture culinaire riche et diversifiée, située au bout de l’Amérique, qui, mis à part ses quelques clichés beurrés épais, est, dans son essence, méconnue de la plupart de ses gens. Ce qui est cependant connu, c’est que la culture c’est comme de la confiture, et moins t’en as, plus tu l’étends.

C’est donc dans cet état d’esprit, qu’a été créé le Carnet d’École-B, dirigé par Alex Cruz et Cyril Gonzales, et illustré par Matthieu Goyer.

Chaque semaine, avec une petite touche d’irrévérence, mais avec une énorme dose d’enthousiasme, l’équipe d’École-B publiera des capsules sur la culture culinaire québécoise qui, d’ores et déjà, on vous l’affirme, briseront certaines idées reçues, jetteront quelques pavés dans la mare, et ouvriront, on l’espère, de nouveaux horizons.

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