Manger local: un échange qui nourrit la fierté

Julie St-Onge grande adepte du Maïs sucré de Neuville

Tous les étés, Julie St-Onge attend avec impatience les légumes de la Ferme Degau, située à Neuville. Semaine après semaine, ses enfants fouillent le panier, enthousiastes, pour voir ce qui s’y trouve. «J’adore la formule. On fait de belles découvertes, se réjouit-elle. Chaque année, je pousse plus loin l’expérience de manger des légumes.»

Texte présenté par le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV)

Julie St-Onge est une cliente fidèle de la ferme depuis six ans. «Quand j’ai rencontré Julie et Gaétan, ç’a tout de suite cliqué. On crée des liens, on se fait confiance. On fait plus qu’acheter local: on soutient des personnes qu’on apprécie. Ils sont formidables!»

Kiosque de la Ferme Degau, située à Neuville, crédit photo Acolyte

Julie Bélanger et Gaétan Boudreau sont producteurs laitiers et maraîchers. Ils produisent notamment le fameux maïs sucré de Neuville, dont l’indication géographique protégée (IGP) est spécifique à ce petit village de la Rive-Nord de Québec. Si une grande part de la clientèle a découvert la ferme grâce à son maïs authentique, les liens sont renforcés avec l’abonnement aux paniers de légumes hebdomadaires du Jardin des trois cocottes, un projet auquel participent Pénélope, Daphné et Mégane, les jeunes filles du couple. «On les encourage, elles sont tellement bonnes!», souligne Julie St-Onge.

Producteurs et consommateurs: une réelle équipe!

Le lien de proximité est au cœur de la philosophie des fermiers et fermières de famille, fait valoir Émilie Viau-Drouin, présidente de la Coopérative pour l’agriculture de proximité écologique (CAPE). «Ce lien fort qu’on crée avec nos abonnés – qu’on appelle aussi nos partenaires – est à la base de ce qu’on fait. On forme une réelle équipe. Ça représente bien la dynamique de l’agriculture soutenue par la communauté», indique Émilie, qui est elle-même fermière de famille aux Jardins de La Grelinette, à Saint-Armand. Aujourd’hui, elle se réjouit de voir que les enfants des premiers clients suivent les traces de leurs parents en s’abonnant à un panier.

«On est rendus à la deuxième génération d’abonnés. Ça montre à quel point on est proches d’eux.»

Émilie Viau-Drouin

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Signataires du Manifeste de la résilience, le Réseau des fermiers·ères de famille et la CAPE regroupent plus de 150 fermes certifiées biologiques ou en précertification au Québec et au Nouveau-Brunswick. Au-delà de cet engagement fort dans l’appellation bio, le réseau revendique «une multiplication des initiatives agricoles et éducatives qui génèrent de la bienveillance sur les écosystèmes naturels et humains». Les fermiers et fermières de proximité ont la mission de nourrir et d’éduquer la population, de contribuer à la littératie alimentaire, soutient Émilie Viau-Drouin: «Quand on voit un chou-rave pour la première fois, on peut être perplexe. Si quelqu’un est là pour présenter le légume, expliquer comment le cuisiner, c’est intéressant.»

Les partenaires des fermiers·ères de famille sont friands de ces moments de partage. «Avant, je ne mangeais le maïs qu’en épis. Grâce aux conseils de Julie et aux recettes de leur chef ambassadeur, Olivier Langlois [Chez Boulay et Bistro Boréal, à Québec], je fais une succulente crème de maïs», indique Julie St-Onge. Désormais, elle cuisine le chou, la courgette, la bette à carde et le maïs de diverses façons. Et elle aime découvrir les particularités de chacune des variétés de maïs sucré de Neuville produites par la Ferme Degau. «C’est comme déguster un vin ou un fromage!» lance-t-elle.

Des liens tissés serrés

La ferme et les marchés publics sont des lieux de partage et de rencontres très riches, croit Émilie Viau-Drouin: «Le marché public est synonyme de grand esprit de famille, de fête, d’éducation et de rencontres. C’est tellement beau et positif!» Elle plaide pour une augmentation et une pérennisation des marchés, dont plusieurs sont actuellement tenus à bout de bras.

legumes locaux
Émilie Viau-Drouin (à droite) accompagnée de sa collègue (à gauche) des Jardins de La Grelinette

«Les marchés publics créent de la vie où ils s’installent, ils dynamisent les villages. Les habitants y rencontrent des producteurs, ils échangent aussi avec leurs voisins, les gens de la région.»

Émilie Viau-Drouin

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Les marchands consciencieux peuvent également agir comme courroie de transmission, assure le fromager-marchand Yannick Achim, propriétaire de cinq fromageries qui portent son prénom. «L’agrotourisme se développe, c’est une bonne chose. Mais nous, marchands, avons encore notre rôle à jouer, dit-il. Nous sommes ouverts six ou sept jours par semaine et avons des équipes compétentes capables de transmettre le savoir-faire des artisans, de donner des informations sur les produits offerts.»


Yannick Achim parle de l’importance de raconter l’histoire des artisans, de parler du terroir et des éléments qui le composent. «Il y a 30 ans, le consommateur demandait un fromage doux ou un fromage fort. Aujourd’hui, il a raffiné son vocabulaire, il a développé son goût. Il est plus exigeant et demande une texture, une région, une race laitière. Notre travail n’est jamais abouti: nous devons chercher l’information, nous mettre à jour, aller à la rencontre des producteurs», indique le fromager.

Les appellations réservées et les termes valorisants (comme le petit dernier, qui protège le fromage fermier) permettent au public de faire des choix de produits, de méthodes de fabrication et même de région en lien avec leurs valeurs, avance Yannick Achim: «Les gens qui occupent des métiers de bouche, en commerce ou en restauration, sont essentiels pour valoriser les produits de niche. Ça prend un humain pour créer de la valeur autour d’un produit.»

Comme consommatrice et résidante de Neuville, Julie St-Onge est fière du maïs sucré de sa ville: «L’appellation réservée a solidifié notre fierté de manger local, d’habiter dans ce lieu magique!»


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Repas Charlevoix producteurs
Damien Girard, le comédien Fabien Cloutier et Philippe Labbé

Le comédien Fabien Cloutier, grand fan de produits d’ici, était de passage dans Charlevoix pour jaser appartenance au territoire et fierté d’offrir des produits d’exception.
Voyez la vidéo ici.

Qu’est-ce qu’une appellation réservée?
Une appellation réservée, c’est une reconnaissance officielle par l’État québécois de l’authenticité de produits bioalimentaires distinctifs. Elle peut par exemple viser à reconnaître un lien entre une région et un produit qui en est originaire, grâce à l’indication géographique protégée (IGP). Il y a actuellement cinq IGP au Québec:
– Agneau de Charlevoix
– Cidre de glace du Québec
– Maïs sucré de Neuville
– Vin de glace du Québec
– Vin du Québec
Une appellation peut aussi avoir comme objectif de mettre en valeur une caractéristique bien spécifique au produit, comme c’est le cas pour les fromages élaborés à partir de lait de vache de race Canadienne. Dans le cas de l’appellation biologique, on parle de la mise en valeur du système global de culture, d’élevage et de transformation. 

Et le petit dernier de la famille: le terme valorisant «Fromage fermier» identifie cette méthode de production bien recherchée d’un fromage fait à la ferme par l’éleveur. 

Le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) a le rôle de gardien de l’authenticité de ces produits d’exception puisqu’il accrédite les organismes de certification externes qui sont responsables de l’application des cahiers des charges et administre un système de surveillance du marché.

Choisir des produits d’appellation réservée du Québec, c’est soutenir des producteurs et transformateurs d’ici au savoir-faire unique! Le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants est heureux de les mettre en valeur grâce au soutien d’Aliments du Québec. Ensemble, nous sommes fiers de vous offrir, chacun à notre façon, des repères de confiance pour vous guider dans votre quête de produits qui répondent à vos préoccupations et à vos valeurs.


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