L’amitié se cache dans les paniers fermiers

paniers fermiers

La relation entre un·e fermier·ère de famille et un·e abonné·e est beaucoup plus qu’un échange marchand. Ce lien de proximité plein de sens est toujours riche. Et parfois, au sein du Réseau des fermier·ères de famille, on trouve même – en plus de bons légumes frais – une amie! 

Texte de la rédaction
Présenté par le Réseau des fermiers·ères de famille

Kim Neveu et Amélie Lépine ont eu 1001 occasions de se croiser dans leur ancienne vie de citadines, que ce soit sur une paroi d’escalade, dans les allées du marché Jean-Talon ou au comptoir du café montréalais situé tout près de leurs bureaux respectifs. Il aura fallu attendre qu’elles s’établissent toutes deux à Saint-Alexandre, en Montérégie, et que le prospectus de l’entreprise de l’une atterrisse dans la boîte aux lettres de l’autre pour que leur route se croise enfin. 

Les grandes amies Kim Neveu et Amélie Lépine réunies par le Réseau des fermier·ères de famille de la Coopérative pour l’agriculture de proximité écologique – Crédit photo: Marie des neiges Magnan

Cette missive, c’était celle de Matière Première, la ferme maraîchère d’Amélie Lépine, membre depuis 2020 du Réseau des fermier·ères de famille de la Coopérative pour l’agriculture de proximité écologique (CAPE). «Mon chum, Alexis, a une ferme de grandes cultures biologiques à Mont-Saint-Grégoire, raconte Amélie Lépine. Quand on s’est rencontrés, j’habitais à Montréal. Au début, j’ai gardé ma job de conseillère en développement durable et je faisais la route, mais c’est devenu insoutenable. Et je suis tombée enceinte. J’ai décidé de lancer mon entreprise avant la pandémie, et je ne regrette rien!» 

La fille d’agriculteurs a aisément renoué avec ses racines, et sa petite ferme maraîchère est née il y a trois ans, presque en catimini, sous le grand chapeau de la ferme Lochette, entreprise familiale de son amoureux. 

L’histoire de Kim Neveu ressemble un peu à celle de sa copine Amélie. Mais elle et son conjoint, Cédric, sont des néoruraux. Kim la dynamo a deux boulots: sa propre petite entreprise de fabrication de couches lavables et un poste dans un bureau d’ingénierie. Quatre petites minutes en voiture sont nécessaires pour franchir les quelques kilomètres qui séparent les maisons de Kim et d’Amélie.

Un flyer vers l’amitié

En 2020, Cédric a sauté de joie à la vue du petit prospectus de Matière Première déposé dans la boîte aux lettres. «Depuis notre déménagement à Saint-Alexandre, il souhaitait qu’on trouve un fermier de famille. La première année, on était restés bredouilles, alors quand il a vu la petite pub de Matière Première, Cédric était vraiment content», dit Kim en rigolant. 

«Ç’a été mon premier abonné en 2020. Il était super enthousiaste!» se rappelle Amélie avec le sourire. 

De semaine en semaine, au fil des cueillettes des précieux paniers à la ferme, Amélie et Kim ont fait plus ample connaissance. «On se rejoignait sur plein de points! On aime voyager, faire de l’escalade, coudre, bien manger, popoter… Nos premiers enfants avaient quasiment le même âge et on était toutes les deux enceintes de notre deuxième», indique Amélie. 

La pandémie qui battait son plein avait mis un sérieux frein à toute vie sociale et ce coup de foudre amical est arrivé à point nommé.  

Les joies de la contrainte et du troc

Même si elle cultive un grand jardin, Kim adore les paniers hebdomadaires de Matière Première. Elle y déniche de petits trésors, des variétés qu’elle-même ne fait pas pousser et qu’elle aime apprendre à cuisiner.

«J’aime le défi de transformer ce qu’il y a dans le panier! Cette contrainte-là est stimulante pour moi.» 

Kim Neveu

D’ailleurs, la cuisine est un des dadas de Kim. «Pendant l’été, son autoclave est en permanence sur le four et elle a tout le temps un projet en cours! Je ne sais pas comment elle fait pour être aussi productive…» lance, admirative, son amie Amélie. Cette dernière manque cruellement de temps pour tout ce qui s’appelle «conserves», surtout lorsque les récoltes battent leur plein. 

Un jour, un déclic s’est fait dans la tête de Kim. «L’année passée, j’ai dit à Amélie “Eh!  je fais de la conserve, je déshydrate, je fais de la lactofermentation, j’ai des garde-robes plein de pots… J’achète toujours mes légumes en gros au marché Jean Talon, mais si jamais tu as un surplus de moches et d’invendus, j’aimerais ça te les acheter ou même faire du troc”», se remémore-t-elle. 

Crédit photo: Marie des neiges Magnan

Sa demande a été très bien accueillie. En échange de ses concombres libanais, Amélie a eu droit aux délicieux cornichons lactofermentés de Kim.  

Gagnant-gagnant!  

Désormais, une fois qu’Amélie a rempli ses paniers, vendu tout ce qui pouvait l’être et fait ses propres réserves, elle donne un coup de fil à Kim pour qu’elle vienne se servir dans les surplus qui, la plupart du temps, risque de finir au compost.

«Jeter mes légumes, ça me brise le cœur! On les plante, on les sarcle, on les récolte… On ne veut pas jeter tout ce travail de plusieurs mois! Mais l’an passé, on n’a rien perdu et c’est pas mal grâce à Kim! Pour moi, c’est un méchant bon deal. Je lui donne des surplus et elle me donne des conserves! On est super satisfaites de ces échanges et, en plus, on est devenues amies.»

Amélie Lépine

Au final, l’amitié entre les deux familles est sans aucun doute la plus belle des récoltes!


La saison des abonnements aux paniers de légumes bios bat son plein. Pour trouver votre fermier·ère de famille, c’est par ici.

Pour découvrir des histoires aussi inspirantes que celle d’Amélie et Kim, écoutez ici le nouveau balado du Réseau des fermier·ères de famille.