L’esprit de famille de Charlevoix

baie saint paulCrédit photo: Acolyte

Le premier est un pionnier de la production biologique au Québec. La deuxième, la fière héritière des créateurs déterminés de la première indication géographique protégée en Amérique du Nord. Le dernier est un jeune ambassadeur du terroir charlevoisien. Il suffit de lancer Damien Girard, Annie Bérubé et Philippe Labbé sur les saveurs de leur région pour comprendre qu’il se passe quelque chose d’extraordinaire au cœur de ce cratère.

Texte présenté par le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV)

Les terres n’y sont peut-être pas les plus riches et la saison des cultures n’est pas la plus longue, mais Charlevoix va de pair avec terroir. Et ça ne date pas d’hier.

«Ce n’est pas toutes les régions qui parviennent à se démarquer comme la nôtre, mais cette réputation, on l’a construite ensemble, à force de travail! lance Damien Girard. Au fil des ans, il y a une connivence qui s’est développée entre les producteurs et elle continue de grandir parce qu’on travaille tous dans un but commun, avec des valeurs communes», résume le fondateur de Viandes biologiques de Charlevoix, dont les produits frais ainsi que les charcuteries cuites ou séchées portent tous l’appellation biologique.

Cette volonté de bien faire les choses a donné lieu à des initiatives – comme la première indication géographique protégée (IGP) nord-américaine, Agneau de Charlevoix – qui mettent la barre haute et séduisent une clientèle de plus en plus large, qui veut savoir ce qu’elle mange.

agneaux charveloix
Crédit photo: Acolyte

Annie Bérubé, propriétaire de l’entreprise Le Véritable agneau!, ne suffit d’ailleurs pas à la demande. Elle aimerait voir des jeunes se lancer dans la production d’agneau certifié «Agneau de Charlevoix». «Ici, on ne tire pas la couverte chacun de notre côté! Il y a de la place pour tout le monde, indique-t-elle. Damien a été mon premier mentor dans tout l’aspect “mise en marché”. Avant, j’étais la bouchère de Lucie Cadieux, la pionnière derrière l’IGP. Quand elle a arrêté sa production, l’IGP était menacée et j’ai voulu préserver le fruit d’un travail incroyable. Damien m’a donné de précieux conseils et m’a vraiment encouragée à poursuivre cette mission-là pour que le consommateur ait accès à de la viande d’agneau certifiée exceptionnelle.»

Annie Bérubé – Crédit photo: Emmy Lapointe

Damien se souvient très bien de ces échanges avec Annie, alors que les deux partageaient un kiosque dans un événement. «Heureusement qu’Annie a décidé de continuer, parce que l’agneau de Charlevoix est un des fleurons de la région», souligne-t-il.

Le cahier des charges d’une grande précision apporte son lot de contraintes, mais Annie n’en déroge pas.

«Cet agneau-là est le fruit d’un travail vraiment minutieux, juste, précis et… il touche à la perfection!»

Annie Bérubé

Faire rayonner l’authenticité

Philippe Labbé, de la Laiterie Charlevoix, à Baie-Saint-Paul, est aux premières lignes pour promouvoir des produits de la région – et pas seulement ceux de l’entreprise familiale à qui on doit le succulent 1608, un fromage de lait de vache de race Canadienne. Cette race patrimoniale, la plus ancienne vache laitière d’Amérique, a été sauvée d’une extinction annoncée grâce au travail de quelques fromagers. Le 1608 et l’Origine, de la Laiterie Charlevoix, ainsi que le Pied-de-vent des Îles de la Madeleine font partie de la poignée de fromages fabriqués à partir de son lait qui sont d’ailleurs coiffés d’une appellation de spécificité Fromage de vache de race Canadienne qui garantit leur authenticité.

«Notre perspective est un peu différente, puisqu’à la base, nous sommes des transformateurs et non des producteurs, explique Philippe. Ça fait longtemps que je regarde aller Damien, Annie, cette génération de développeurs. Ce sont des visionnaires, mais en plus, ils ont réussi à se fédérer autour d’une mission commune: faire de Charlevoix une région réputée pour les produits de son terroir et son identité culinaire. Dans les marchés, les foires et les salons, je vends les produits qui, franchement, sont faciles à vendre parce qu’ils sont excellents, mais je vends beaucoup la marque “Charlevoix”, les différentes appellations de ses produits et cette histoire-là de collaboration qui s’inscrit dans le temps.»

Damien Girard – Viandes biologiques de Charlevoix

«On est choyés de vivre dans Charlevoix! Il y a une belle effervescence dans les produits locaux, on a des appellations qui offrent une plus-value, que ce soit le bio, l’IGP, l’appellation de spécificité… poursuit Annie. On est unis par la volonté d’offrir des produits distinctifs, de qualité, constants. Et ça commence à être le fun pour les clients aussi qui nous découvrent ou qui nous retrouvent année après année.» Elle s’étonne encore de voir arriver à sa boutique du très discret rang Sainte-Croix, à Saint-Hilarion, des gens de tous horizons qui souhaitent venir mettre la main sur le rare Agneau de Charlevoix!

Ses collègues ne sont pas étrangers à cette affluence. «C’est certain que quand quelqu’un vient chez nous et veut de l’Agneau de Charlevoix, on lui indique comment se rendre chez Annie!» souligne Damien. L’inverse est aussi vrai. «On se fait un point d’honneur et une fierté de recommander à nos clients d’aller à la Laiterie, aux Viandes Bio, chez les maraîchers, les transformateurs… Et nous aussi, on a nos arrêts obligés!» ajoute Annie.

Des appellations qui créent des liens

Bien avant que la clientèle ne jette son dévolu sur l’un ou l’autre des précieux produits de Charlevoix, toute une chaîne d’interaction relie producteurs et transformateurs pour former un écosystème dynamique.

Puisque toute sa production est biologique, Damien doit évidemment fournir des intrants bio à ses animaux et n’utiliser que des produits biologiques dans ses préparations. «On travaille avec quatre ou cinq producteurs locaux de céréales biologiques pour l’alimentation des animaux et quelques producteurs de légumes pour nos recettes. On achète entre autres des carottes et des oignons de Jean-Thomas Fortin de la ferme La bordée des corneilles, à Baie-Saint-Paul. On est contents parce qu’on a ainsi accès à un excellent produit de proximité, certifié bio, et ça assure à Jean-Thomas un certain volume, quelques dizaines de milliers de dollars de revenus stables et récurrents. Je pense que cette synergie-là est bonne pour les petits producteurs comme pour les grands», analyse Damien.

Le territoire en bénéficie également puisque de plus en plus de terres sont converties pour la production biologique, que ce soit pour fournir la matière première de la boulangerie À chacun son pain ou pour nourrir les animaux de Damien. La Laiterie Charlevoix a pour sa part tissé un lien d’affaires unique avec les propriétaires de la Ferme Hengil, d’où provient le précieux lait de vache de race Canadienne. Les exemples abondent.

Les porcs de Damien

«On s’est créé un réseau entre nous, on travaille les uns pour (et avec) les autres! Il n’y a pas de compétition, mais une saine offre, diversifiée, indique Annie avec enthousiasme. Les gens qui viennent acheter l’Agneau de Charlevoix vont acheter du fromage de vache de race Canadienne, du saucisson bio… Nos clients développent leurs circuits et un sentiment d’appartenance à une région qui a tant à offrir! Il faut être fier de ce qu’on a réussi.»

«On a créé une belle dynamique et ce qui est motivant, c’est que ça ne fait que commencer. La dynamique était bonne avant la pandémie et elle est encore meilleure parce que, de plus en plus, les consommateurs veulent un bon produit, ils veulent savoir d’où ça vient, comment ç’a été produit. Ils veulent des repères de confiance auxquels se rattacher pour faire leurs choix.»

Damien Girard

Charlevoix a particulièrement bien su saisir la balle au bond. Après une saison estivale à tout casser en 2021, Damien, Annie et Philippe s’attendent à une autre ruée cet été. «On se prépare», lancent-ils, complices devant la razzia annoncée et un avenir qui semble prometteur.


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Repas Charlevoix producteurs
Damien Girard, le comédien Fabien Cloutier et Philippe Labbé

Le comédien Fabien Cloutier, grand fan de produits d’ici, était de passage dans Charlevoix pour jaser appartenance au territoire et fierté d’offrir des produits d’exception.
Voyez la vidéo ici.


Qu’est-ce qu’une appellation réservée?
Une appellation réservée, c’est une reconnaissance officielle par l’État québécois de l’authenticité de produits bioalimentaires distinctifs. Elle peut par exemple viser à reconnaître un lien entre une région et un produit qui en est originaire, grâce à l’indication géographique protégée (IGP). Il y a actuellement cinq IGP au Québec:
– Agneau de Charlevoix
– Cidre de glace du Québec
– Maïs sucré de Neuville
– Vin de glace du Québec
– Vin du Québec
Une appellation peut aussi avoir comme objectif de mettre en valeur une caractéristique bien spécifique au produit, comme c’est le cas pour les fromages élaborés à partir de lait de vache de race Canadienne. Dans le cas de l’appellation biologique, on parle de la mise en valeur du système global de culture, d’élevage et de transformation. 

Et le petit dernier de la famille: le terme valorisant Fromage fermier identifie cette méthode de production bien recherchée d’un fromage fait à la ferme par l’éleveur. 

Le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) a le rôle de gardien de l’authenticité de ces produits d’exception puisqu’il accrédite les organismes de certification externes qui sont responsables de l’application des cahiers des charges et administre un système de surveillance du marché.

Choisir des produits d’appellation réservée du Québec, c’est soutenir des producteurs et transformateurs d’ici au savoir-faire unique! Le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants est heureux de les mettre en valeur grâce au soutien d’Aliments du Québec. Ensemble, nous sommes fiers de vous offrir, chacun à notre façon, des repères de confiance pour vous guider dans votre quête de produits qui répondent à vos préoccupations et à vos valeurs.