12 citations entendues à C2 Montréal sur l’agriculture et la gastronomie québécoise

Mercredi, l’événement créatif C2 Montréal présentait un panel avec différents acteurs qui travaillent à bâtir un système alimentaire plus résilient pour les prochaines générations en misant sur la production à échelle humaine. Caribou vous présente un aperçu de ce qui s’est dit durant ce panel en 12 citations choisies.

La présentation a débuté avec une courte conférence de Luca Gamberini d’Ocean Reef Group sur les tests de son Nemo’s Garden, un projet de serre sous-marine, et sur le potentiel de l’agriculture sous l’eau.

Le maraicher Jean-Martin Fortier (Ferme des Quatre-Temps), la chef Colombe St-Pierre (Chez Saint-Pierre), les chefs Normand Laprise (Toqué!) et John Winter Russell (Candide) ont ensuite discuté avec la modératrice Katerine-Lune Rollet de ce qui encourage et freine la créativité des chefs et des agriculteurs et des façons de resserrer davantage les liens entre les producteurs et les consommateurs.

Chaque intervenant a entamé la discussion en présentant un enjeu qui lui tenait à cœur. Dans le cas de Normand Laprise, c’était la traçabilité des aliments que l’on achète à l’épicerie, au marché ou que l’on mange au restaurant. Pour John Winter Russell, c’était la transmission des savoirs et l’importance de développer des relations entre les producteurs et les chefs. Pour Colombe St-Pierre, c’était l’importance qu’il y ait des décisions politiques qui suivent les développements actuels en agriculture et en gastronomie québécoise. Enfin Jean-Martin Fortier, lui, a parlé de sa vision d’une agriculture à échelle humaine sans produits chimiques.

«Je veux qu’on réinvente l’agriculture. Je veux une agriculture écologique. Il n’y a pas de raison qu’elle ne le soit pas. Je souhaite une agriculture à dimension humaine, que ça redevienne beau faire ce métier-là, que ça ait du sens, et que l’agriculture devienne notre projet de société au Québec.» Jean-Martin Fortier

«Avant, la saison des fraises durait trois semaines, maintenant grâce à toutes les innovations qui ont été développées, ça dure cinq, six mois.» Normand Laprise

«On ne veut pas faire de l’agriculture de masse, on veut que la masse fasse de l’agriculture.»
Jean-Martin Fortier

«C’est la plus belle idée l’autonomie alimentaire. Économiquement, je ne peux pas croire que ça n’intéresse pas les gouvernements. On mange trois fois par jour.» Colombe St-Pierre

«On devrait tous savoir ce qui pousse en saison, et quand le manger. Il ne faut pas juste que ça soit l’asperge qu’on mange en saison.» John Winter Russell

« À un moment donné, il va falloir se choquer. Il va falloir sortir dans la rue [pour que les choses changent, qu’il y ait des décisions politiques qui soient prises]! », Colombe St-Pierre

«Le marché Jean-Talon, c’est de la frime. Il y a juste deux vrais producteurs, les autres sont des revendeurs. Ça me frustre car moi je connais au moins 35 fermiers qui cherchent des places où vendre leurs légumes.» Jean-Martin Fortier

«Il faut être créatif pour manger local à l’année. Nous au Toqué !, on passe l’été à prévoir l’hiver», Normand Laprise qui fait beaucoup de cannages pendant l’été à son restaurant

«Ça va prendre des gens qui vont vouloir faire [de la petite agriculture]. Il va falloir plus de gens qui souhaitent faire ça dans la vie si on veut acheter tous nos aliments des petits producteurs.» Jean-Martin Fortier

«Il faut sortir des épiceries, il faut aller dans les marchés, il faut aller à la rencontre des producteurs.» Jean-Martin Fortier

«Il va falloir se protéger, il va falloir se défendre. Il faut connaitre le Conseil des appellations contrôlées et des termes valorisants. Il faut prendre le temps de protéger ce qu’on est en train de bâtir.»  Colombe St-Pierre

«Le consommateur doit exiger la traçabilité de ce qu’il mange. Ce qu’il peut faire, c’est exiger de son épicier qu’il indique d’où viennent les produits et d’exiger des produits de proximité.» Normand Laprise