Le meilleur sommelier des Amériques sera-t-il Québécois?

Meilleur sommelier du Canada en 2017, Meilleur sommelier du Québec en 2014, en voie d’obtenir le prestigieux titre de Master Sommelier… la liste des accomplissements de Carl Villeneuve-Lepage est longue. Âgé de 32 ans, le sommelier tentera d’ajouter un autre titre à sa liste la semaine prochaine: celui du Meilleur sommelier des Amériques. Il espère ainsi aller chercher le titre qui lui a glissé entre les mains en 2015, alors qu’il était arrivé sixième à ce même concours.

Un texte d’Audrey Lavoie
Photos de Jimmy Hamelin

À quelques jours de la compétition, qui se tiendra à Montréal du 21 au 24 mai, Carl Villeneuve-Lepage est calme, du moins il s’applique à l’être. C’est notamment sur son état d’esprit et sa gestion du stress qu’il a travaillé ces dernières années avec un coach en préparation mentale, à l’image des sportifs avant une importante compétition.

«Il n’y a pas tant de monde qui apporte toute l’importance nécessaire à la préparation mentale, et moi c’est quelque chose que j’ai décidé d’approfondir. Dans une structure de compétition en plusieurs étapes, le plus important c’est de garder son calme à tout moment et d’essayer de ne pas se faire de mauvais sang sur les étapes passées pendant les moments d’attente, qui sont nombreux», croit le jeune sommelier.

Il faut dire que la compétition, ça fait partie de sa vie depuis toujours, c’est son carburant. En musique, en sport et maintenant en sommellerie, cette formule, selon le sommelier, «génère la motivation pour pousser plus loin l’apprentissage», se surpasser.

Carl Villeneuve-Lepage

Théorie, service, dégustation, tout le savoir des candidats sera scruté au cours des différentes étapes du concours. Alors chaque jour, le sommelier révise la théorie, déguste, simule et se pratique au service. Et ce, même lorsqu’il se trouve au travail! Carl Villeneuve-Lepage a la chance de travailler depuis 2014 dans l’un des restaurants les plus renommés de Montréal – et avec une belle carte de vins! –, le Toqué!. Son employeur est «100% derrière [lui]» et lui donne les moyens de se concentrer sur la compétition, notamment en mettant du vin à sa disposition pour les dégustations à l’aveugle.

«C’est un avantage pour moi [que la compétition soit à Montréal]. Je suis dans mon environnement, il n’y a pas de décalage, pas de voyage en avion. Ça fait bien mon affaire d’être ici.» –Carl Villeneuve-Lepage

En plus de la vingtaine de finalistes provenant d’un peu partout en Amérique, Carl affrontera Pier-Alexis Soulière, un autre Québécois, qui a remporté la deuxième place au volet canadien du concours en septembre et qui avait déjà en poche le titre de Meilleur sommelier du Québec depuis juin, ayant coiffé au fil d’arrivée Mylène Poisson, la copine de Carl!

Pier-Alexis Soulière

Pour le meilleur sommelier canadien, son compatriote est son principal adversaire. «C’est quelqu’un que j’aurai dans les pattes un long bout! s’exclame-t-il en riant. C’est de la grosse compétition; il est très, très fort. Gagner le canadien c’est une chose, mais gagner contre quelqu’un comme lui, ça vaut encore plus.»

En effet, Pier-Alexis Soulière, 29 ans, a une feuille de route bien garnie. Il a déjà travaillé dans plusieurs restaurants étoilés Michelin à Londres, à New York et en Californie. Il est aussi le deuxième Québécois à détenir le titre de Master Sommelier, après Élyse Lambert.

Prochaine étape pour le gagnant américain? Le concours de Meilleur sommelier du Monde qui se tiendra en Belgique en 2019.

Bon à savoir

Le titre de Meilleur sommelier des Amériques a été remporté à trois reprises par des Québécois: en 2004 par Ghislain Caron, en 2009 par Élyse Lambert et en 2012 par Véronique Rivest.

Les trois gagnants partagent leurs souvenirs:

Le plus difficile durant la compétition du Meilleur Sommelier des Amériques

Quel est l’aspect le plus difficile de la compétition du Meilleur Sommelier des Amériques?Ghislain Caron, Élyse Lambert Master Sommelier et Véronique Rivest Sommelière vous racontent leur expérience ici…Info & billets/tickets: www.bestsomm.caWhat’s the hardest part of the Best Sommelier of the Americas contest?Ghislain Caron, Élyse Lambert and Véronique Rivest tell all about their experience…

Posted by ACSP – Association Canadienne des Sommeliers Professionnels on Wednesday, May 2, 2018