Quatre questions sur des enjeux agroalimentaires à Québec solidaire

En cette période électorale, Caribou a voulu connaître la position des principaux partis politiques sur les enjeux reliés à l’alimentation et à l’agriculture. Nous avons donc envoyé quatre questions à la Coalition Avenir Québec, au Parti libéral, au Parti québécois et à Québec solidaire. Seul Québec solidaire nous a renvoyé ses réponses.

Les réponses d’Émilise Lessard-Therrien, candidate de Québec solidaire dans Rouyn-Noranda-Témiscamingue et porte-parole du parti en matière d’agroalimentaire

S’il est élu, qu’est-ce que votre parti compte faire pour soutenir davantage les producteurs artisanaux?

Québec solidaire a à coeur de favoriser la diversification des modèles agricoles, d’assurer la qualité de vie des agriculteurs et des agricultrices, particulièrement les producteurs artisanaux, ainsi que de soutenir la relève. En ce sens, notre parti s’engage à réviser les lois et les règles qui pénalisent lourdement les producteurs de plus petite taille et à créer un statut spécifique d’artisan agricole avec ses propres normes et balises.

Pour favoriser la relève artisanale, familiale en priorité, Québec solidaire mettra en place une série de mesures: disponibilité de capital patient pour l’achat de terres, meilleur soutien financier pour le démarrage d’entreprises agricoles, création de fiducies foncières agricoles, mise en culture des petites terres, bonification du soutien financier pour les diplômés qui souhaitent se lancer en agriculture, etc.

S’il est élu, qu’est-ce que votre parti compte faire pour que les consommateurs québécois aient accès à davantage de produits locaux?

L’accès à des produits locaux est une priorité pour Québec solidaire pour des raisons de protection de l’environnement, de développement économique régional et de consommation d’une nourriture saine et abordable. Pour y parvenir, notre parti soutiendra notamment le développement d’infrastructures de transformation et de distribution locale. Actuellement, plusieurs consommateurs ont difficilement accès aux produits de leur région qui sont envoyés dans les centres urbains et ne reviennent pas par la suite. C’est une réalité qui se vit en Abitibi-Témiscamingue et dans d’autres régions, surtout celles qui sont les plus éloignées des grands centres urbains.

Pour mieux répondre aux besoins de chaque région, le développement de ces infrastructures de transformation et de distribution relèverait d’entités régionales.

Dans le plan de transition économique qu’il a dévoilé au cours de la campagne électorale, Québec solidaire prévoit que des sommes importantes seront consacrées, dès notre arrivée au pouvoir, à la production et à la consommation d’aliments biologiques, à l’écoulement des produits alimentaires en circuit court et à une politique d’achat local par les institutions comme les établissements scolaires, les hôpitaux ou les centres administratifs.

S’il est élu, est-ce que votre parti compte mettre en œuvre la Politique bioalimentaire proposé par le gouvernement libéral au printemps dernier?

Québec solidaire voit généralement d’un bon œil la politique bioalimentaire, même si nous aurions souhaité qu’elle aille plus loin sur certains enjeux comme les entraves législatives et réglementaires auxquels font face les producteurs artisanaux. Il considère toutefois que le gouvernement ne lui a pas consacré des moyens financiers suffisants. Notre parti ajouterait
671 millions $ en agriculture au cours d’un premier mandat.

Est-ce que votre parti est pour ou contre la gestion de l’offre?

Québec solidaire est fermement en faveur du maintien de la gestion de l’offre et s’est toujours fermement opposé aux allègements accordés à la faveur de récentes négociations de traités de libre-échange. Pas question de la laisser être à nouveau affaiblie lors de la renégociation de l’ALENA avec le partenaire étasunien. Après tout, la gestion de l’offre concerne 60% de la production agricole du Québec et des dizaines de milliers d’emplois sont en jeu.

Ce système a bien servi nos producteurs agricoles dans le passé et il doit continuer de le faire. Toutefois, nous proposons d’y apporter de petits ajustements pour le rendre plus flexible, principalement sur deux points: le partage équitable des quotas avec la relève et l’ouverture des seuils hors-quota pour les production artisanales, selon une évaluation rigoureuse assurant de ne pas déstabiliser le système actuel.