Quoi de neuf Charlevoix?

Notre coéditrice Geneviève Vézina-Montplaisir était invitée ce week-end au Fairmont Le Manoir Richelieu, à La Malbaie, dans le cadre du Gala des grands chefs. Cet événement, qui met en vedette les produits régionaux transformés par des chefs renommés, lui a permis d’aller voir ce qui se tramait chez les artisans de la région de Charlevoix.

Texte de Geneviève Vézina-Montplaisir
Photo d’Alain Blanchette

L’édition 2018 du Gala des grands chefs réunissait Francis Wolf (Manoir Hovey), Hakim Chajar (Miel), Arnaud Marchand (Chez Boulay), Baptiste Peupion (Fairmont Le Reine Elizabeth), Olivier Perret (Sofitel Montréal), Alexandre St-Amant Tremblay (La Chasse-Galerie) et Émile Tremblay (Faux Bergers). Le vendredi soir, Le Grand marché permettait aux invités de rencontrer les producteurs locaux et de goûter leurs produits transformés en bouchée par les chefs pour l’occasion. Dans la journée de samedi, une excursion organisée par la Route des saveurs s’est arrêtée à la Ferme Basque, au Centre de l’émeu de Charlevoix et à la Maison d’affinage Maurice Dufour. Le samedi soir, enfin, les chefs ont offert un souper gastronomique sept services inspiré de ce qui avait été servi aux chefs d’État présents au Sommet du G7 en juin dernier. Voici ce qui a retenu mon attention.

Un pain d’À chacun son pain pour célébrer la légalisation du cannabis
Le 17 octobre dernier, journée de la légalisation du cannabis au Canada, Jean-Christophe Lamontagne de la boulangerie À chacun son pain, à Baie-Saint-Paul, a lancé le Marie-Jeanne, un pain fait de chanvre biologique, produit dans Charlevoix. Le dynamique boulanger travaille presqu’exclusivement avec des produits de la région. Il utilise déjà du blé, du sarrasin et de l’épeautre produits localement et pourra, dès le 1er novembre, fabriquer ses pains avec les farines moulues au Moulin de la Rémy non loin de là. La Boulangerie de la Rémy, qui a été victime d’un incendie en 2016, avait toutefois pu sauver son moulin des flammes. Après avoir fait reconditionner les pierres du moulin en France, le charpentier amoulageur Thierry Croix est venu les installer au moulin il y a quelques semaines. Maintenant de nouveau en fonction, la boulangerie À chacun son pain pourra offrir des pains vraiment locaux.

Un économusée pour faire la promotion de la transformation de la graisse
Le Centre de l’émeu de Charlevoix, qui possède un nouvel espace boutique et de transformation adjacent à sa ferme de Saint-Urbain, accueillera, au printemps 2019, un tout nouvel économusée dans cette bâtisse au look contemporain. Avec l’Économusée La Huillère, la plus grande ferme d’émeu au Canada fera l’interprétation de la transformation de la graisse de l’émeu en huile. Ce savoir-faire date de l’époque où la région était reconnue pour la transformation de la graisse de marsouin – pêché autour de l’Isle-aux-Coudres –, en huile et en toutes sortes de produits dérivés. Les 300 émeus de la ferme sont élevés pour leur viande – très maigre –, qui se retrouve que dans leurs cuisses, et pour leur graisse qui se retrouve sur leur dos et qui possède plusieurs propriétés une fois transformée en huile.

Des spiritueux faits à base de lactosérum chez Maurice Dufour
Rien ne se perd à la Maison d’affinage Maurice Dufour. Le célèbre producteur du Migneron, qui élève des brebis pour en faire du fromage, et qui possède également 18 000 plans de vigne à Baie-Saint-Paul et au Cap Tourmente se lance maintenant dans la distillerie. Avec le lactosérum issu de la fabrication de ses fromages de brebis, il distille une vodka qui devrait faire son apparition sur les tablettes l’an prochain. Présentement, il fait une grappa et un gin avec le marc de ses raisins qui servent à faire ses vins.

Une nouvelle perspective pour voir comment sont élevés les porcs de Viandes biologiques de Charlevoix
Un an après qu’une de ses porcheries ait été la proie des flammes et que 170 truies aient péri, Viandes biologiques de Charlevoix a construit une nouvelle maternité pour ses bêtes, avec une mezzanine pour les visiteurs. Le copropriétaire Damien Girard explique ce choix afin d’offrir encore plus de transparence dans le processus d’élevage de ses porcs. La mezzanine, qui permet de voir les animaux évoluer dans la porcherie, sera ouverte au public de juin à octobre. Sa nouvelle bâtisse sera également chauffée à la biomasse, une première au Québec pour une porcherie.