De l’importance des road trips gourmands

Emprunter les petits chemins de campagne, goûter des fromages, cueillir des fraises, déguster des bières, parler aux artisans… Un luxe, le voyage gourmand? Au contraire, une nécessité si l’on en croit certains des conférenciers invités au 2e Grand rendez-vous en agrotourisme et tourisme gourmand qui avait lieu cette semaine à Bromont.

Texte de Véronique Leduc
Photo de Fabrice Gaëtan

Devant 150 acteurs de l’industrie, pour la plupart des entrepreneurs venus des 4 coins du Québec, la table a été mise en début d’évènement avec 2 conférences qui abordaient les tendances en tourisme gourmand au Québec puis la recherche d’une identité culinaire qui nous est propre.

Le message retenu: le tourisme gourmand est au Québec en pleine ascension et il n’est pas que plaisant, il est aussi très important. Voici pourquoi :

Trois bonnes raisons de prendre la route du Québec

Pour encourager l’économie locale (même au retour)

Selon une vaste étude menée à travers la province, 48% des gens qui vivent une expérience gourmande pendant une escapade ou un voyage au Québec ont envie, sur place ou au retour à la maison, de se procurer les produits locaux qu’ils y ont découverts. Puis, 60% des touristes gourmands développent, à la suite des expériences reliées à la nourriture en voyage, une sensibilité à l’achat local et ont envie d’acheter des produits locaux de façon plus générale.

[Selon Denis Brisebois, de Raymond Chabot Grant Thornton pendant sa conférence Vos clients en 2018! Leurs profils, motivations, intérêts et les grandes tendances]

Pour élargir la palette du Québec

Selon les Québécois interrogés à propos de ce qui distingue le Québec alimentaire, le sirop d’érable avec 48%, les fromages avec 45% et les routes ou circuits touristiques avec 28% sortent grands gagnants. Oui, d’accord, mais qu’en est-il des champignons, des petits fruits, des algues ou des cidres par exemple? De voyager par le ventre permet certainement d’élargir l’idée que l’on se fait de la palette alimentaire québécoise. À ce propos, Denis Brisebois, de Raymond Chabot Grant Thornton, nomme les microbrasseries, les vins, les produits boréaux et les fruits de mer comme les «nouveaux produits prétendants» qui sont à surveiller.

[Selon Denis Brisebois, de Raymond Chabot Grant Thornton pendant sa conférence Vos clients en 2018! Leurs profils, motivations, intérêts et les grandes tendances]

Pour cultiver la fierté

«Si vous n’êtes pas fier de quelque chose, vous n’en parlerez pas», croit Carl-Éric Guertin de la Société du réseau Économusée. C’est pourquoi, selon lui, il faut développer notre appartenance au territoire et arriver à bien cerner l’essence de notre identité culinaire, celle qui irait au-delà des produits de notre terroir présentés séparément. Bien sûr, pour ce faire, il faut bien connaître le Québec, ses produits et ses artisans. La route et les rencontres sont certainement le meilleur moyen d’y arriver.

[Selon Carl-Éric Guertin, de la Société du réseau Économusée pendant sa conférence Votre terroir – Votre fierté : une tendance pour séduire la clientèle]

La fin des chefs vedettes?

Pendant sa conférence, Denis Brisebois a osé affirmer du bout des lèvres que le règne des chefs vedettes était peut-être terminé… Ce qui lui fait dire une telle chose? Lorsqu’ils sont interrogés sur les critères qui leur font choisir une destination pour un voyage ou une excursion gourmande, les Québécois parlent de routes ou de circuits thématiques, de la variété des restaurants offerts, des marchés publics… et nomment en dernier la présence d’un chef réputé, après celle de producteurs à rencontrer.

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