Le cidre: une boisson en pleine effervescence!

Boire la pomme

Découvrir de nouveaux cidres tout en encourageant les producteurs qui les concoctent et les restaurateurs: telle est la proposition du Mondial des Cidres SAQ qui se déroule tout au long du mois de février. Cette boisson offerte en plusieurs déclinaisons a le vent dans les voiles, et ce, bien que la pandémie ait forcé la fermeture des restaurants et des bars. En effet, ces derniers étaient de plus en plus nombreux à inscrire des cidres québécois à leur menu. Malgré tout, les consommateurs ne se sont pas empêchés de se procurer leurs cidres favoris pour les déguster à la maison. Rencontre avec le cidriculteur et le premier vice-président de l’Association des producteurs de cidre du Québec Jean-Pierre Potelle – aussi porte-parole de la 14e édition du Mondial des Cidres SAQ – pour discuter d’une industrie en plein essor. 

Texte de Pénélope Leblanc

Pourquoi la pomme est-elle un fruit intéressant à travailler? Quelles possibilités offre-t-elle?

La pomme fait partie de l’ADN du Québec. C’est donc le fun de la travailler avec différentes déclinaisons de cidre qu’elle offre: de glace, de feu, effervescent, rosé et tranquille. On apprend ainsi à apprécier le cidre de plusieurs façons. Ces déclinaisons sont aussi super intéressantes pour le consommateur qui a de multiples options. Il peut choisir ce qui lui ressemble.

Jean-Pierre Potelle du Domaine Cartier-Potelle

Comment se porte l’industrie cidricole québécoise aujourd’hui? 

Au Québec, en une année, chaque habitant consomme en moyenne 0,4 litre de cidre. Il s’en consomme 10 fois plus en Europe. Malgré le retard, il y a énormément de possibilités de croissance. Le cidre a une place de plus en plus grande à prendre et on le voit bien avec l’enthousiasme des consommateurs. En 2019, pour l’ensemble des cidres du Québec, les ventes ont bondi de 19% par rapport à 2018. 

Il faut aussi reconnaître que les prêts-à-boire et les nouveaux cidres fabriqués dans un esprit innovateur et créatif sont particulièrement populaires depuis quelques années. Puis, même avec la pandémie, il y a eu quand même une belle réponse. Les gens ont suivi la tendance de l’achat local et ça a paru dans les ventes en épiceries et dans les SAQ, bien qu’on n’ait pas pu bénéficier des atouts de la restauration et du tourisme.

Les Québécois consomment tout de même six fois moins de cidre que la moyenne canadienne, révélait un article de La Presse en 2019. Comment expliquer cette disparité selon vous? 

Je pense que c’est, entre autres, parce qu’on est encore peu de producteurs à faire du cidre au Québec. La différence n’est pas si énorme lorsqu’on se compare avec les autres provinces canadiennes. Le Québec compte 110 producteurs de cidre, l’Ontario en a 116 et la Colombie-Britannique en a 66. Cependant, c’est vraiment la comparaison avec l’Europe qui est extrême. Par exemple, au Royaume-Uni, il y aurait plus de 480 producteurs de cidre. 

Mais on commence à se faire valoir. Le Mondial des Cidres est notamment une bonne façon de se faire connaître. En plus, cette année, la collaboration entre les restaurateurs et les producteurs permet aux gens de découvrir des manières plaisantes de déguster leurs cidres. En effet, les cidriculteurs participants ont développé un accord cidres et mets en collaboration avec les chefs des restaurants avec lesquels ils font équipe pour le festival.

Justement, les producteurs de cidre ont, eux aussi, dû se réinventer pour offrir un service adapté durant la dernière année. Même le Mondial se tiendra à distance. Comment cela est envisagé par les producteurs?

Je pense qu’on s’entend tous pour dire qu’on fait preuve de résilience. On s’adapte aux contraintes en offrant la possibilité aux Québécois de consommer du cidre dans leur salon. On est heureux de pouvoir se rapprocher du consommateur tout en faisant affaire avec des restaurateurs. D’ailleurs, l’événement actuel rallie autant de producteurs que celui qui se tenait auparavant dans sa forme habituelle au Complexe Desjardins. Il y aura 25 producteurs participants au total.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à bâtir votre propre cidrerie, le Domaine Cartier Potelle situé à Rougemont en Montérégie, en 2011? 

On avait envie de faire du cidre! La première chose qu’on voulait absolument mettre sur notre carte était le cidre de glace parce qu’il représente le Québec, en quelque sorte. C’est une invention de chez nous qui a une appellation réservée. Le cidre de glace est un produit reconnu à l’échelle mondiale. 

Des accords mets et cidres gagnants 

Selon Jean-Pierre Potelle, les cidres effervescents s’accordent bien avec ce qui est gras ou salé comme du saumon fumé, de bonnes vieilles chips ou encore une terrine. Bref, ils se marient avec tout ce qui est festif et que l’on retrouve généralement à l’apéro. Les cidres de glace, quant à eux, vont très bien avec un bon fromage raffiné comme un cheddar vieilli et aussi, bien sûr, avec du chocolat noir.

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