La plus belle histoire de pêche

catherine lefebvre a la pecheCatherine Lefebvre à la pêche

Les fins de semaine d’été de mon enfance, j’allais souvent pêcher sur le lac en face du chalet familial. Je partais aux petites heures avec mon père. Il m’a tout appris. Très jeune, je m’occupais de vider et nettoyer tous les poissons. Mon père les parait ensuite pour en faire des morceaux de taille parfaite pour les faire frire dans une marmite posée sur le feu de camp. Dans un autre récipient, il faisait frire des frites. Encore aujourd’hui, le son de l’huile qui frit me rappelle toujours ces précieux souvenirs. Les shore lunchs de mon père sont de loin mon plus beau souvenir d’enfance. 

Texte de Catherine Lefebvre
Photos de Jad Haddad

Pendant vingt-cinq ans, je n’ai pas pêché. Mes parents ont vendu le chalet. J’ai commencé à voyager, à faire autre chose que passer du temps dans le bois. L’été dernier, mon père m’a appelée pour savoir si je voulais aller à la pêche avec lui. J’ai pleuré de joie, de nostalgie et de cette envie profonde de me reconnecter à la nature.

Retrouver sa vraie nature

Depuis, l’envie d’aller à la pêche est constante. Comme mon père, c’est surtout pour être dans le bois et prendre mon temps sur l’eau, qui me fait aimer la pêche autant. C’est donc dans un sentiment de pur bonheur que je vais passer quelques jours à la pourvoirie Kenauk Nature à Montebello dans ma belle région natale: l’Outaouais. Situé à peu près à mi-chemin entre Montréal et Gatineau, le territoire fait 265 km2 et il comprend 60 lacs, c’est l’une des plus grandes réserves naturelles privées en Amérique du Nord. Il est aussi en voie d’être protégé en permanence par l’Institut de recherche Kenauk et Conservation de la Nature Canada. 

À la réception, nous réservons aussitôt un plan d’eau pour le lendemain et on met la batterie et le moteur électrique dans le coffre de la voiture. En fait, presque chaque chalet a son propre plan d’eau, sauf ceux situés au bord du lac Papineau, le seul étant en terrain public. Puisque les autres lacs sont privés et ensemencés, il est possible d’y pêcher à l’année. Il y a des limites de prises par personne, mais il n’y a pas de saison de pêche, comme pour les autres plans d’eau au Québec.

Notre chalet, Les rapides, est situé à une quinzaine de kilomètres de la réception sur une route de terre. Le wi-fi et le réseau cellulaire sont inexistants. En arrivant au chalet au bord de la rivière Kinonge, c’est comme si la nature amortissait tous nos tracas. Il n’y a pas de voisin. Il n’y a que les arbres autour de nous, le chant des oiseaux et le son de l’eau qui coule dans la rivière pour nous envelopper de leur grande douceur.

Chalet Les Rapides à la pourvoirie Kenauk Nature à Montebello

Parties de pêche

À partir de notre chalet, nous nous rendons au petit lac Collins, situé à une dizaine de kilomètres de là. Depuis la petite route, nous descendons la lourde batterie et le moteur électrique dans le sentier nous menant jusqu’au quai situé plus bas. Il vente un peu, il commence à faire chaud, mais nous partons à la pêche quand même. Nos premiers lancers ne sont pas glorieux. L’hameçon s’accroche aux algues et aux quelques troncs d’arbre au fond du lac. Visiblement, nous sommes un peu rouillés depuis l’été dernier. Ça ne mord pas du tout. Mais, «le temps est bon, le ciel est bleu, nous n’avons rien à faire, rien d’autre que d’être heureux».

Le soir venu, j’avais prévu le coup des parties de pêche non fructueuses. J’ai apporté une boule de pâte à pizza maison et des restes d’ingrédients parfaits pour faire des pizzas pochettes. L’amoureux allume un feu de foyer. La porte-fenêtre est entrouverte pour entendre le son de la rivière. Le temps est vraiment bon.

Petit coin de paradis au bord de la rivière Kinonge

Le lendemain matin, on change de plan d’eau. À côté de notre chalet, il y a la marina du lac Papineau. À notre arrivée à Kenauk Nature, on avait déjà marqué une carte pour nous indiquer les bons endroits où pêcher sur ce lac. On emprunte un bateau à moteur et on se rend tout droit dans la première baie recommandée.

Après une petite heure sans succès, on change de cuillère deux fois plutôt qu’une. L’amoureux attrape une petite perchaude. On essaie les cuillères qu’on a achetées à la boutique de la pourvoirie en arrivant. On laisse la cuillère descendre dans le fond de l’eau. On ne laisse pas la cuillère descendre dans le fond de l’eau. J’attrape une petite perchaude. Puis, je pense à mon grand-père maternel. Lui, quand il allait à la pêche à Grands-Remous – petit village à l’ouest de Mont-Laurier – il partait avec un hameçon accroché à sa chemise, sa vielle canne à pêche et il se posait sur les roches sous le pont couvert. Et ça mordait, peu importe l’hameçon, même si sa canne à pêche n’avait rien de très sophistiqué.

Depuis que j’ai recommencé à pêcher, cela me rappelle chaque fois mon enfance, passée en nature, au lac, avec mon frère et les cousins. Les shores lunchs, les guimauves dans le feu, la cabane dans l’arbre en face du chalet… Peut-être que ça va mordre la prochaine fois. Mais le plus important pour que la pêche soit bonne, c’est surtout d’avoir du fun.

Bon à savoir
Kenauk Nature affiche presque complet pour l’été. Mais, ils ont des disponibilités à l’automne, afin de profiter de la pêche et du coloris automnal. Les visiteurs de Kenauk Nature ont accès aux installations sportives du Fairmont Le Château Montebello, comme la magnifique piscine intérieure.
Située sur la rue Notre-Dame, la Fromagerie Montebello est un arrêt obligé dans la région. En plus du comptoir de fromage frais, en grains et des fromages fins, on y trouve aussi plusieurs produits locaux: pain de ménage, pâtés maison et des sandwichs en été.
À Saint-André-Avelin, à une vingtaine de kilomètres de Montebello, le dépanneur, Brasse-Camarade offre de nombreuses bières de microbrasseries et produits artisanaux de la région, comme la délicieuse salsa piquante Amarillo, faite à partir des légumes de la Ferme HLF du Lac Simon.

Notre journaliste était l’invitée de Tourisme Outaouais et de la MRC de Papineau.


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