En somme, le territoire québécois est propice à la culture raisonnée ou biologique de graines que plusieurs producteurs ne demandent qu’à transformer en huiles locales de qualité. Suffisamment pour que des huiles locales se retrouvent sur les comptoirs de toutes les cuisines québécoises? Sans l’ombre d’un doute, répondent à l’unisson les trois producteurs interrogés. La matière première est là et l’offre présente un potentiel immense. C’est la demande qu’il faut développer.
Susciter la demande
Le défi consiste donc à se rendre jusqu’aux consommateurs, malgré un petit budget pour la promotion. Bien sûr, il y a les marchés, les boutiques à la ferme, les festivals, etc., mais il faut faire plus pour jouir d’une place confortable dans les garde-manger d’ici. Chantal Van Winden lance un appel aux chefs, aux créateurs et aux diffuseurs de recettes pour qu’ils évitent d’utiliser presque systématiquement de l’huile d’olive dans leurs recettes. «Ces gens pourraient être des ambassadeurs importants pour nous», dit-elle.
Selon Daniel Dubé, il faut se faire connaître, mais aussi se tailler une place dans les magasins.«Au fil des ans, on sent que les gens désirent de plus en plus acheter notre produit, mais encore faut-il qu’ils le trouvent! La distribution, l’accès au consommateur, c’est central. Les bons produits existent, mais il faut améliorer l’accès, multiplier les points de vente, et ça prend une patience incroyable.»
La longueur du processus met aussi à l’épreuve la patience d’Audrey Bouchard, qui souhaite que les huiles d’ici soient plus qu’«un petit produit fin».
«On peut les utiliser au quotidien! Leurs usages sont nombreux, et le choix est vaste. Cherchez-les, demandez-les, adoptez-les au quotidien, parlez-en et soyez-en fiers!» suggère Audrey Bouchard.
En outre, les nombreux avantages de l’achat local (dont la diminution du kilométrage lié au transport des aliments et la création d’emplois) encouragent les consommateurs à s’ouvrir aux différentes utilisations des huiles québécoises.