Publié le
25 novembre 2025
Texte de
Caribou
Lesley Chesterman se souvient d’avoir fréquenté, alors qu’elle était enfant, de grandes tables françaises avec son père. Serveurs en smoking, bisque de homard à 13$ (à l’époque, c’était énorme!), tableaux dispendieux sur les murs et argenterie sur les tables: tout pour épater la future chroniqueuse gastronomique et amoureuse de la restauration montréalaise. Il faut dire que dans les années 1970, Montréal bénéficiait d’un formidable dynamisme grâce à de fortes vagues d’immigration, à un impressionnant foisonnement culturel et au succès indéniable de l’Exposition universelle de 1967.
Pour les gens ayant vécu cette époque, ces souvenirs sont un réel délice. Pour Lesley Chesterman, ce sont plutôt les années 1990 qui incarnent le paroxysme de la nostalgie. Jeune adulte, elle fréquentait les nombreux restaurants et clubs de la Main (le boulevard Saint-Laurent).
«Penser à ces endroits me plonge dans de merveilleux souvenirs, ajoute-t-elle. On n’avait pas internet; pour se divertir, on sortait!»
Évidemment, les souvenirs gastronomiques varient selon chaque génération. Pour certains baby-boomers, ce sont les années 1960 et 1970, avec leurs nombreux restos français. Pour les X et les Y, c’est peut-être relié au Pied de Cochon, au Joe Beef et au Toqué! «La restauration incarne l’évolution de la ville et son identité profonde, croit Lesley Chesterman. C’est entre autres ce qu’on découvre en visitant l’exposition du Musée McCord Stewart.»
Recette d'époque de soupe à l'oignonArchive tirée de l'exposition
Menu du restaurant Le Caveau (Centre-Ville)Archive tirée de l'exposition
Les restaurants, témoins de l’histoire
Si on dressait une carte géographique et historique des restaurants montréalais, on se rendrait vite compte que la scène gastronomique de la métropole s’est développée au même rythme que sa population. La main-d’œuvre asiatique, établie près du port, a laissé en héritage le quartier chinois, réputé pour sa diversité culinaire. Plus au nord, dans le boulevard Saint-Laurent, on trouve encore aujourd’hui de nombreuses trattorias, rôtisseries ou sandwicheries, témoins de l’arrivée au pays de l’immigration italienne, portugaise et juive. Il y a aussi les bineries, les tavernes et les casse-croûte, plus «canadien-français», ainsi que les pubs anglais et irlandais. Et que dire des vagues migratoires indiennes, vietnamiennes, sud-américaines, coréennes ou haïtiennes qui ont déferlé sur Montréal pour l’assaisonner de nouvelles saveurs. Bref, la diversité culinaire brille dans tous les recoins de la ville, créant une toile culturelle extraordinairement savoureuse.
«Ce n’est pas compliqué, nous dit Lesley Chesterman: où il y a des gens, il y a des restaurants. Ces lieux sont le reflet des communautés. À Montréal, comme dans plusieurs grandes villes, on distingue la restauration familiale de la restauration gastronomique. Et les deux sont importantes: l’une nourrit les gens, et l’autre, l’art culinaire.»
Une exposition pour tous et toutes
Pourquoi devrait-on visiter l’exposition? «C’est simple, répond Lesley Chesterman en s’exclamant, c’est un sujet qui ne laisse personne indifférent! Montréal est une véritable capitale gastronomique qu’on peut explorer en mangeant.»
À travers des témoignages et vidéos des actrices et acteurs du milieu, le public – qu’il soit montréalais ou arrive de l’extérieur – est invité à se plonger dans cet univers riche en histoires, en émotions, en succès et en diversité. «Les plus vieux vont se souvenir d’une ville foisonnante et excitante. Les plus jeunes vont découvrir comment Montréal était cool dans les années 1960!» lance Lesley Chesterman en riant.
Il n’y a vraiment aucune excuse pour manquer l’exposition qui est présentée au Musée McCord Stewart pendant près d’un an. Petit conseil: prévoyez une sortie au restaurant après votre visite, car elle risque fort de vous ouvrir l’appétit!
Au menu. Montréal : une histoire de restaurants, au Musée McCord Stewart, du 26 novembre 2025 au 18 octobre 2026.
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