— Comment expliques-tu l’inconfort que tu ressens à l’égard des achats des Fêtes?
Le temps des Fêtes met de la pression. On dirait que les gens sont « dans l’urgence », ils courent. Dans ce contexte-là, il peut arriver que les lieux où l’on peut faire plusieurs achats au même endroit revêtent un attrait tout particulier: c’est plus pratique que de visiter 7 petites entreprises gourmandes pour aller chercher le fromage chez l’un, le vin chez l’autre, etc. Ça se comprend, mais ça me rend quand même inconfortable quand je pense à « l’occasion manquée »: globalement, on dépense plus pendant les Fêtes, mais ça ne se rend pas toujours à nos producteurs et artisans.
— Si une plus grande partie des dépenses était dirigée vers les producteurs, artisans ou petits commerçants, cela aurait un impact réel pour plusieurs?
Oui. Sans généraliser – chacun sa réalité! – novembre est un mois plus tranquille pour plusieurs. Quand décembre sonne, c’est motivant! Les ventes de ce temps festif peuvent avoir un réel impact sur les mois à venir quand on est un « petit » dans l’alimentaire. Or, quand on entre dans les grands temples de la consommation, on mise sur la simplicité en oubliant parfois de se demander: « mon argent, il s’en va à qui? ». C’est une question qu’on devrait tellement se poser plus souvent! À prime abord, ça peut sembler un peu lourd, mais le but n’est pas de culpabiliser: on commence par se poser la question de temps en temps, puis de plus en plus souvent. Cette simple habitude, qui devient vite naturelle, permet souvent de rediriger l’argent d’un achat « anonyme » vers un achat qui a un réel impact positif sur la vraie vie de vrais gens d’ici.