En effet, «les principaux semenciers sont au Pérou et en Bolivie», fait remarquer le directeur général de NovaQuinoa. Toutefois, selon les lois mises en place par l’Agence canadienne d’inspection des aliments, importer des graines d’Amérique du Sud peut poser un réel risque si elles ont été cultivées dans un sol contaminé ou ayant été en contact avec des pesticides inconnus, par exemple. C’est pour cette raison que Jean-Philippe Boucher a déniché de parfaits cultivars en provenance du Canada et de l’Europe.
C’est d’ailleurs pourquoi le quinoa québécois se distingue du quinoa classique bolivien: son goût est moins amer, le cultivar local ne contenant que peu ou pas de saponine, ce composé naturel qui protège le quinoa et lui donne un petit goût acerbe avant son nettoyage ou son polissage.
Mais introduire une nouvelle culture n’est pas chose simple: «Ça peut prendre jusqu’à 15 ans avant de la maîtriser, de connaître ses principales maladies et les insectes qui peuvent lui être nuisibles», lance Jean-Philippe Boucher, loin d’en être découragé. Il rêve déjà de décliner le quinoa local sous plusieurs formes, notamment en flocons et en farine.
Dans la cuisine
Le quinoa est une protéine complète: c’est-à-dire qu’il contient, à l’instar de la viande, des œufs et du poisson, les neuf acides aminés essentiels que le corps humain ne peut produire lui-même. Cette pseudo-céréale est également riche en fibres, en fer et en micronutriments. Pas pour rien que Stéphanie Côté, nutritionniste, autrice, créatrice de contenu culinaire et conférencière, en raffole!
«J’étais au baccalauréat en nutrition et j’en mangeais déjà. Vous dire: c’était en 1998!» s’exclame-t-elle en riant. C’est pourquoi elle a vite eu la curiosité de goûter au quinoa du Québec lorsqu’elle l’a vu apparaître sur les tablettes.