Question de durabilité
Cette agriculture moderne est-elle réellement écoresponsable? Valérie Terrault croit que oui: «On utilise 85% moins d’eau que la culture extérieure, moins d’espace aussi. On ne surexploite pas le sol, on n’utilise pas de pesticides, de fongicides ou d’insecticides. On utilise la biomasse pour chauffer nos serres.» Dans ces environnements contrôlés, la croissance des plantes est rapide, les rendements sont élevés et les légumes, propres et nutritifs.
De son côté, Georges Aczam, qui croit totalement en son modèle, se veut un peu plus prudent: «L’avenir [de l’agriculture] dépend de plein de choses, et une ferme verticale n’est qu’une solution potentielle. Les légumes restent quand même coûteux à produire, et l’impact environnemental dépend de l’endroit où on s’installe et de l’énergie avec laquelle on s’alimente.»
À quand les robots?
En ce moment, pour des raisons de contrôle de la qualité, le cofondateur d’AquaVerti considère que l’humain effectue mieux le travail qu’un robot. «L’automatisation reste un défi pour nous», concède-t-il, expliquant que tous les équipements sont conçus pour de l’agriculture traditionnelle grande surface, rien qui soit adapté à de la culture de salades en entrepôt!
Du côté de Gen V, on teste depuis des années de nouvelles technologies qui pourraient aider à augmenter le taux de croissance des plants ou même faire la récolte des légumes. «Au lieu d’avoir 15 personnes, j’aurais besoin d’un seul bras robotisé qui pourrait cueillir mes concombres. Les serres les plus avancées dans le monde ont ça.»
Tant Gen V qu’AquaVerti misent actuellement sur l’innovation semencière et le peaufinage des systèmes logistiques en place. À leur avis, il faut continuer de travailler cette forme d’agriculture moderne pour développer la résilience alimentaire et s’affranchirdes aléas de la météo de plus en plus imprévisibles.
Évidemment, tout ne peut se cultiver en serre, mais pour ceux qui choisissent cette avenue, Valérie Terrault avoue que «ça donne une belle qualité de vie aux agriculteurs». En voilà un autre avantage de taille!