Parmi les six races de phoques qui fréquentent les eaux canadiennes, principalement dans l’Atlantique et l’Arctique, celui du Groenland est le plus présent, avec une population totale estimée à 4,4 millions d’animaux en 2025. Un nombre inférieur à l’estimation de 2019 (7,6 millions), si bien que certains chercheurs avancent que ces phoques seraient en déclin. Mais les gens sur le terrain ne sont pas du même avis.
«Une partie des phoques reste sans doute plus au nord en raison des changements climatiques, mais il n’en manque vraiment pas ici, je vous l’assure», indique Gil Thériault, directeur général de l’Association des chasseurs de phoque intra-Québec.
Un état des lieux alarmant
Gil Thériault n’est pas le seul à dénoncer la surpopulation de loups-marins, que plusieurs considèrent comme un prédateur, comme le prouvent les derniers états généraux sur le phoque, qui ont réuni à une même table, au mois de novembre 2025, des chasseurs, des communautés autochtones, des transformateurs, des scientifiques et des fonctionnaires. Il faut dire que l’activité des pêcheurs québécois est touchée de plein fouet parce que chacun de ces pinnipèdes ingurgite en moyenne 900 kilos de poissons et de crevettes par an, ce qui perturbe les écosystèmes marins. Il faut également rappeler que la chasse au loup-marin est encore très limitée, 3000 animaux étant abattus chaque année au Québec, bien en deçà des quotas autorisés. Peu de chasse, donc, mais aussi peu de transformation, puisqu’au Québec, un seul boucher madelinot en débite actuellement, Réjean Vigneau.