Dormir à La Petite École - Caribou

Dormir à La Petite École

Publié le

09 septembre 2026

Texte de

Véronique Leduc

Les rentrées scolaires ne sont pas toutes pareilles. Sur l’île d’Orléans, La Petite École enseigne à ralentir, à observer, à goûter. Découverte d’un hébergement pas comme les autres.
Les rentrées scolaires ne sont pas toutes pareilles. Sur l’île d’Orléans, La Petite École enseigne à ralentir, à observer, à goûter. Découverte d’un hébergement pas comme les autres.
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Dès qu’on passe le pont de l’Île-d’Orléans, on se sent ailleurs. En longeant le fleuve ou en passant à travers les champs pour traverser cette terre déposée au milieu de l’eau, on croise des cantines, des boulangeries, des vignobles, des cidreries et des kiosques fermiers qui vendent les récoltes de la saison. On s’y arrête pour faire des provisions avant d’arriver à Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans et de tourner dans l’entrée d’une charmante petite maison bleue à lucarnes nichée dans la végétation.

«J’aime les vieux bâtiments et je voulais investir dans le patrimoine», dit Mathieu Villeneuve, ancien restaurateur qui a acheté il y a trois ans, avec son frère, la maison transformée en hébergement touristique privé. «Nous sommes tombés amoureux de la bâtisse! Nous avons eu envie de la remettre sur la carte et de faire découvrir son histoire», explique celui qui est aussi propriétaire du bar Le Sacrilège à Québec.

Sur l’île, on raconte que la maison patrimoniale, en bordure de route et à proximité du fleuve, date de 1839 et aurait été «l’école d’en bas», puisque la maison, située dans le bas du village, en est la candidate la plus cohérente. D’ailleurs, sur le site web de La Petite École, Mathieu Villeneuve publie les résultats de son enquête sur l’école d’en bas.

 

«J’aime donner de l’information sur le sujet afin que les gens puissent entrer dans la maison et imaginer ce que c’était à l’époque. On peut, par exemple, penser que l’éducatrice dormait en haut et descendait le matin pour réchauffer la classe grâce au feu qu’elle alimentait.»

Près de deux siècles plus tard, on peut en effet sentir entre les planchers qui craquent, les fenêtres anciennes et les murs de bois de la bâtisse une riche histoire. Et, bien que l’endroit soit confortable et rénové, les frères Villeneuve ont la volonté de souligner son passé avec un bain sur pattes, un foyer au bois, des objets anciens et des œuvres d’art qui racontent à leur façon l’histoire de l’île.

Si elle pouvait autrefois accueillir plusieurs élèves, La Petite École peut aujourd’hui héberger six personnes grâce à ses deux chambres et à son lit d’appoint. Elle compte aussi une salle de bains, une salle d’eau, un salon confortable, une cuisine complète, avec une grande table à manger, et une charmante cour non loin du fleuve (mais sans accès à l’eau).

Un patrimoine culinaire à découvrir

Le chaleureux refuge est le camp de base parfait pour explorer, en toute saison, ce que raconte cette île surnommée «le berceau de l’Amérique française». On peut, par exemple, y découvrir un riche patrimoine culinaire. «À partir de La Petite École, nous sommes à quelques minutes des premières cidreries du Québec, de la fromagerie qui a ressuscité la plus ancienne recette de fromage de l’Amérique du Nord et des vignobles de cépages nordiques qui repoussent les limites de la viticulture québécoise», expose Mathieu Villeneuve.

En effet, la Cidrerie Verger Bilodeau, dans la municipalité de Saint-Pierre, est une pionnière au Québec. On peut y déguster une douzaine de produits alcoolisés, dont des cidres traditionnels, un cidre de glace et divers produits à l’érable.

Quant aux Fromages de l’isle d’Orléans, ils font revivre, grâce au Paillasson, un fromage dont la recette est considérée comme la plus ancienne en Amérique du Nord. Dès 1635 les colons la préparaient, afin d’utiliser les surplus de lait.

Puis, depuis 1982, à Saint-Pierre, le vignoble Isle de Bacchus produit ses vins et rend hommage au premier nom donné à l’île par Jacques Cartier, en 1535, en raison des vignes sauvages qu’il y avait trouvées. Le vignoble exploite aujourd’hui 11 hectares de vignes dont les cépages sont adaptés au climat du Québec et permet de goûter à ses produits dans la cave à vin d’une maison tricentenaire.

Crème glacée signature de chez Cassis Monna & Filles

Près de l’entrée de l’île, on croisera un autre lieu unique: Cassis Monna & Filles. Au début des années 1970, Bernard Monna, natif du sud de la France et liquoriste de quatrième génération, s’est installé sur l’île. Aujourd’hui, ses filles, Catherine et Anne, prennent le relais à la tête de l’entreprise, qui a été la première à proposer des vins et de la crème de cassis au Québec. Cassis Monna & Filles propose aujourd’hui aux visiteurs un économusée, une boutique gourmande, un restaurant, La Monnaguette, et une crémerie, où le cassis est mis en valeur.

Il ne faut pas oublier Le Moulin de St-Laurent, un ancien moulin à farine de 1720 qui est aujourd’hui un restaurant, les autres vignobles de l’île et les nombreux kiosques maraîchers qui vendent les récoltes d’agriculteurs qui travaillent souvent la terre depuis des générations.

Repus, on pourra remettre le cap sur La Petite École pour la nuit, la seule où il est permis, et même encouragé, de faire l’école buissonnière pour aller flâner et découvrir l’histoire de l’île d’Orléans par la panse.

6225, chemin Royal, Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans

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