Une buvette qui célèbre le kiwi québécois - Caribou

Une buvette qui célèbre le kiwi québécois

Publié le

07 avril 2026

Texte de

Véronique Leduc

Si tout le monde connaît le kiwi venu de l’autre bout du monde, peu de gens savent que sa version arctique se cultive au Québec. À Lacolle, le kiwi local inspire même le menu d’une nouvelle buvette. Bienvenue à la Ferme du Mihouli!
kiwi arctique
Si tout le monde connaît le kiwi venu de l’autre bout du monde, peu de gens savent que sa version arctique se cultive au Québec. À Lacolle, le kiwi local inspire même le menu d’une nouvelle buvette. Bienvenue à la Ferme du Mihouli!
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Nadine Gelly et Claude Gagnon ne savaient pas non plus, il y a quelques années à peine, que le kiwi pouvait se cultiver sous nos latitudes. C’est en allant dans un centre de jardinage près de Montréal que Mme Gelly, jardinière urbaine passionnée, est par hasard tombée sur des plants de kiwi adaptés à notre climat qui l’ont intriguée suffisamment pour qu’elle en plante deux chez elle.

Voilà: celle qui rêvait depuis plusieurs années de faire vivre un projet agrotouristique avait trouvé son filon. «Nous n’aurions pas voulu avoir un verger, parce qu’il y en a déjà beaucoup, mais l’idée d’aller vers un produit peu cultivé ici nous attirait, et j’aime penser que nous contribuons à implanter le kiwi au Québec», raconte celle qui a toujours eu un attrait pour le monde agricole.

kiwi arctique

Pour elle, l’objectif était clair dès le départ: proposer une expérience agrotouristique de qualité. «La plupart des attraits du genre viennent d’agriculteurs qui ouvrent leurs portes aux visiteurs. Nous avons fonctionné à l’inverse: nous voulions proposer une expérience et sommes devenus agriculteurs.»

C’est ainsi qu’en 2022 cette gestionnaire dans le domaine touristique et son conjoint banquier, après avoir visité plusieurs endroits, ont jeté leur dévolu sur cette grande terre à l’abandon située à Lacolle, dans la région de la Montérégie, mais tout près des Cantons-de-l’Est.

Là, le long de la rivière Richelieu, tout était à faire. Mais, moins de quatre ans après leur installation, ils avaient déjà planté des centaines de plants de kiwiers issus de différents cultivars, s’étaient mis à cultiver la kalette, un légume-feuille «au goût de noisette» qui est un croisement entre le kale et le chou de Bruxelles, et avaient construit leur maison ainsi que le bâtiment qui accueille les clients. Puis, fidèles à leur vision initiale, Claude Gagnon et Nadine Gelly, d’«heureux foodies», comme le dit cette dernière, ont finalement ouvert, en juin 2025, leur Buvette de la Barbotte, en haut de laquelle se trouve leur hébergement pouvant accueillir six personnes, et leur Espace Terroir Commun, pour manger à l’extérieur pendant l’été.

Inspirée du territoire

Dans la belle salle à manger lumineuse de la Buvette, qui offre une vue sur les champs et qui peut accueillir une trentaine de personnes, Nadine Gelly parle avec enthousiasme de sa volonté de servir aux invités les produits de la Montérégie. Il y a bien sûr les kiwis, déjà récoltés grâce aux plants matures qu’ils ont plantés, avec lesquels on concocte sauces, beurres, moutardes, confitures, crèmes brûlées, gâteaux, glaces et mimosas, entre autres créations.

Mais il y a aussi leur kalette, le soya du voisin, les produits de la fromagerie Fritz Kaiser, située à quelques minutes, les pains de la boulangerie du coin et les vins, exclusivement montérégiens. La barbotte, «un poisson méconnu» selon Nadine Gelly, pêchée dans le Richelieu et qui a donné son nom au rang où est installée la Ferme du Mihouli, est aussi en vedette sur le menu changeant de la buvette, qui propose brunchs et soupers.

Pendant la belle saison, à l’Espace Terroir Commun, les visiteurs peuvent profiter des champs lors des soirées extérieures, et créer leur propre pizza qui sera cuite dans le four à pierres. On peut aussi opter pour la création du chef invité du moment, pour laquelle les profits vont à La Tablée des chefs, pour les planches de fromages et charcuteries ou pour le hot-dog européen, fait avec des saucisses artisanales, accompagnés de vins servis au verre.

Un projet de communauté

À une table de bois de sa belle buvette, devant des rillettes de barbotte et des craquelins au levain, l’énergique Nadine Gelly se félicite d’avoir réussi à créer ce qui était pour elle une priorité: une communauté autour de leur projet, qu’elle souhaitait fédérateur. «Les gens de Montréal et d’ailleurs viennent manger ici, des habitants du coin sont devenus des habitués et des cyclistes s’arrêtent pour un moment!» raconte, réjouie, celle dont le kiwi d’ici a changé la vie.

À faire lors d’une visite à La Ferme du Mihouli

  • Se familiariser avec le kiwi nordique grâce à un circuit découverte qui sera lancé cet été.
  • Faire de l’autocueillette accompagnée d’un guide lors de la période de récolte, de la fin août à la mi-octobre.
  • Jouer au jeu de la barbotte, dont plusieurs exemplaires sont accessibles aux clients: un jeu de dés autrefois clandestin et populaire au Québec lors de la prohibition.
  • Adopter un kiwier. En échange d’un montant, on peut adopter un plant, participer à certains travaux et récolter, chaque année, l’équivalent de 10% de la production d’un plant, soit environ trois kilos.
  • Faire des provisions de produits originaux. Sur un petit comptoir près de l’entrée de la buvette, on peut acheter des confitures, des sauces, des marinades… aux kiwis, bien sûr!
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