Demandez à n’importe quel expert-bière: ce sont les Belges, de nos jours, qui utilisent le mieux les épices dans leurs bières. Que ce soit dans leur classique Blanche, une bière de blé aux accents de graines de coriandre, ou dans leurs brunes d’hiver, parfois aromatisée d’anis, de maniguette, de muscade, de poivre, les Wallons comme les Flamands adorent parfumer leurs ales créatives tels des chefs en cuisine.
Si on recule dans le temps de quelques centaines d’années, les mélanges d’herbes et d’épices faisaient monnaie courante dans la bière. Appelées entre autres Gruit (dans les Pays-Bas et en Belgique, par exemple), de nombreux assemblages d’aromates dominaient avant que le houblon ne devienne roi et maître comme «épice» de la bière.
Cet intérêt pour les épices a bien sûr atteint le Québec depuis une trentaine d’années. On pourrait créditer Unibroue, à Chambly, d’avoir abondamment promu la graine de coriandre (entre autres) dans leurs bières maintenant mythiques, comme la Fin du Monde, la Blanche de Chambly et la Maudite. Aujourd’hui, quantité de microbrasseries ont créé des recettes avec des épices variées, incluant les plus boréales poivre des dunes et baies de genévrier.
Fait intéressant à noter: les arômes de clou de girofle dans la bière sont souvent créés via la fermentation, surtout lorsque le brasseur met à profit des levures de type torulaspora delbruckii. Ces levures proposent la signature typique d’une Weissbier allemande, par exemple.
3 excellentes bières québécoises au bouquet bien épicé