La sommellerie québécoise portée par une forte présence féminine - Caribou

La sommellerie québécoise portée par une forte présence féminine

Publié le

18 mars 2026

Texte de

Jessica Dostie

Le Québec est une société distincte dans l’univers vinicole: plusieurs des spécialistes du vin parmi les plus connus dans la Belle Province sont des femmes. Outre les productrices, par ailleurs de plus en plus nombreuses, la proportion de sommelières québécoises serait la plus élevée au monde, selon l’historienne Catherine Ferland, rien de moins! Plusieurs d’entre elles ont même réussi à s’illustrer sur la scène internationale. Qui sont ces expertes qui figurent parmi les pionnières de leur profession? État des lieux.
sommelières
De gauche à droite: Michelle Bouffard (crédit: Maude Chauvin), Élyse Lambert (fournie par la sommelière) et Vanya Filipovic (crédit: Maude Chauvin)
Le Québec est une société distincte dans l’univers vinicole: plusieurs des spécialistes du vin parmi les plus connus dans la Belle Province sont des femmes. Outre les productrices, par ailleurs de plus en plus nombreuses, la proportion de sommelières québécoises serait la plus élevée au monde, selon l’historienne Catherine Ferland, rien de moins! Plusieurs d’entre elles ont même réussi à s’illustrer sur la scène internationale. Qui sont ces expertes qui figurent parmi les pionnières de leur profession? État des lieux.
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Traditionnellement très masculine, la sommellerie se féminise. Et particulièrement au Québec, comme l’écrit Catherine Ferland. «Le fait que l’intérêt québécois pour le vin soit relativement jeune, plutôt que de s’inscrire dans une longue tradition dominée par les experts masculins, y est sans doute pour quelque chose», souligne-t-elle dans un dossier portant sur la relation entre les femmes et l’alcool publié sur le site de la Société des alcools du Québec (SAQ).

«Je pense qu’au Québec, on profite d’un contexte social et culturel qui valorise davantage l’égalité et la prise de parole des femmes», renchérit Michelle Bouffard. L’autrice, conférencière, consultante et chroniqueuse vin dans les pages Plaisirs rappelle toutefois que ce n’est pas le cas partout sur la planète. «J’ai des amies qui travaillent en France et qui vivent encore certaines formes de discrimination ou évoluent dans des structures plus hiérarchisées, où il peut être plus difficile de se tailler une place et de se faire entendre dans un milieu très traditionnel où les hommes ont longtemps écrit l’histoire. Le Québec est peut-être moins ancré dans ces codes, plus ouvert aux parcours atypiques, ce qui crée un terrain plus favorable à la diversité des voix, dont celles des femmes.»

Pionnières

Élyse Lambert, première femme élue meilleur sommelier du Québec, en 2004, ne se surprend pas non plus du fait que les sommelières soient plus nombreuses ici qu’ailleurs, toutes proportions gardées. «Ouvrir la voie a été compliqué, confie néanmoins celle qui a aussi remporté les titres de meilleur sommelier des Amériques et de meilleur sommelier du Canada, entre autres. Je ne cacherai pas qu’à mes débuts, j’ai dû travailler plus fort, et pour un salaire moindre que mes collègues masculins, mais une fois que la porte a été ouverte, le métier est devenu plus accessible et les clients ne s’étonnaient plus de me voir arriver à leur table avec la carte des vins.»

D’ailleurs, la sommelière n’était pas seule à tracer le chemin et à laisser sa marque dans les concours. «En 2004, nous étions trois femmes sur le podium», rappelle-t-elle, faisant référence à Véronique Rivest et Danielle Dupont.

Aujourd’hui, Élyse Lambert poursuit le travail en s’investissant notamment auprès de La Tablée au féminin, qui regroupe des professionnelles des milieux de la gastronomie, de l’hospitalité et des arts de la table.

«L’union fait la force. On est là pour dire aux femmes que c’est possible de réussir dans le domaine.»
Élyse Lambert

La sommelière Vanya Filipovic, qui vient pour sa part d’être sacrée meilleur sommelier en Amérique du Nord par The World’s 50 Best North America, est du nombre. Sa feuille de route impressionne: en plus d’avoir remporté deux titres de sommelier de l’année de Canada’s 100 Best, elle est propriétaire de l’agence d’importation privée Vins Dame-Jeanne et copropriétaire de deux restaurants.

«Pour moi, la question ne s’est jamais posée, admet-elle. Je n’ai jamais porté attention au genre des experts que j’admire. Je trouve que dire que je suis une femme sommelière amène une exception à quelque chose qui, en 2026, est juste normal. C’est pourquoi je suis très contente d’exercer mon métier au Québec, où il y a une grande ouverture d’esprit. C’est tout à l’honneur de notre société.»

Des vins d’ici

Envie de (re)découvrir les vins québécois? Voici les propositions de trois sommelières chevronnées. Bon à savoir: plusieurs des vignobles cités comptent des femmes dans leur équipe.

À base des cépages vidal et pinot gris, ce blanc est vinifié à Hemmingford par Geneviève Thisdel, cheffe de culture du vignoble Les Bacchantes, à partir de raisins du domaine (36$, en vente dans certaines épiceries fines).

 

À la recherche de bulles? L’experte recommande le mousseux de L’Orpailleur, un classique des vins d’ici (31,50$ – Code SAQ 12685625).

«Le chardonnay aux notes de pêche de Coteau Rougemont [26$ – Code SAQ 13612532], impeccable pour le prix, est doté d’une belle rondeur.»

 

Également à essayer si l’on souhaite s’initier aux cépages hybrides du Québec: Blanc, du Domaine de Lavoie, vendu à moins de 20$ (17,20$ – Code SAQ 741231).

John Doe, par Pinard et Filles, est depuis peu distribué à la SAQ par l’entremise de Dame-Jeanne, l’entreprise de Vanya Filipovic. Cette cuvée rouge est élaborée à partir d’hybrides, comme le frontenac noir et le radisson (30,25$ – Code SAQ 15568467).

 

Coup de cœur aussi pour Jane Doe, un blanc aux arômes d’ananas, de fleurs blanches et de miel (30,25$ – Code SAQ 15568328).

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