Dans l’assiette de Katerine-Lune

Dans l’assiette de Katerine-Lune Rollet ce mois-ci: une tendance au retour à la terre pour les chefs, des nouveaux restaurants qui misent sur la diversité et comment le Québec à un pied en Amérique et l’autre en Europe.

De la table à la ferme

Pendant le festival YUL EAT, j’ai eu le plaisir d’interviewer certains chefs lors leur démonstration culinaire. Quelques-uns m’ont confié avoir des projets de ferme ou d’agriculture en tête. On connaît déjà Martin Picard et Vincent Dion-Lavallée avec leur Cabane à sucre et leur Cabane d’à côté. Dans ces deux endroits, ils ont maintenant un verger de pommes, de prunes, un jardin maraîcher, des porcs, des poules et du sirop d’érable.

Cette idée de cultiver pour son propre établissement semble faire des petits. John Winter Russell, du Candide, veut éventuellement acheter une ferme et Benjamin Mauroy-Langlois, chef au Petit Mousso, lui, a comme projet Le Cantouque, une terre sur laquelle il sera autosuffisant en légumes, viande et alcool pour un futur restaurant. Plusieurs chefs disent que dans leur cuisine la vedette «c’est le produit». Alors est-ce que devenir agriculteur deviendra un passage obligé pour les chefs?

Une pierre deux coups

(Le Monarque. Cliquez sur l’image pour agrandir)

Habituellement les restaurateurs ouvrent un premier établissement et ensuite avec l’expérience (et le succès!), un deuxième. Ces jours-ci on observe l’ouverture (par les mêmes propriétaires) de deux restaurants et/ou cafés en même temps. Des anciens du Bouillon Bilk ont lancé simultanément dans un grand espace d’Hochelaga-Maisonneuve le Café Hélico (photo à la une) et la table plus haut de gamme, Hélicoptère. Idem pour la famille Bastien qui a inauguré le Monarque dans le Vieux-Montréal (le père est propriétaire du Mitoyen et du Leméac et son fils Jérémie est aux fourneaux). Dans ce magnifique endroit qui fait l’équivalent d’un coin de rue, on retrouve du côté de la rue Saint-Jacques une brasserie et du côté de la rue Notre-Dame, une salle à manger plus gastronomique.

Le concept de duo demande assurément plus de financement au départ, mais s’avère un atout pour les consommateurs qui peuvent choisir la formule convenant à leur budget.

Un régime américain à la française

Je me suis bien amusée à lire cet article I’m an American who ate like a French person for a week — and it showed me just how different our diets really are dans le Business Insider. Comme son nom l’indique, la journaliste a tenté de manger «à la française» en sol américain pendant une semaine. Si l’on y présente quelques clichés, sa réflexion demeure intéressante, entre autres, sur notre grande consommation de pain ou le fait que l’on mange au bureau devant l’ordinateur. Cela me faisait réaliser que comme Québécois nous sommes vraiment un mélange des deux nations. Par exemple, nous consommons de plus petites portions que les Américains, mais contrairement aux Français, nous mangeons beaucoup plus devant la télévision. Bref, même en alimentation, nous avons un pied en Amérique et un en France!