Cinq épices d’ici pour parfumer vos desserts du temps des Fêtes

cameriseCrédit photos: Christelle Tanielian

Et si cette année vous tentiez de «locavoriser» vos recettes de desserts du temps des Fêtes? Le terroir québécois est riche en épices boréales qui peuvent aisément remplacer les traditionnelles cannelle, vanille et autres aromates exotiques. Découvrez cinq plantes d’ici à ajouter à vos gâteaux, tartes, crèmes et autres sucreries maison.

Texte de Virginie Landry

Nard des pinèdes

Le nard des pinèdes est le chaton (la fleur) de la comptonie voyageuse, un arbuste boréal qui ressemble à une fougère. On retrouve notamment cette plante au Saguenay–Lac-Saint-Jean, puisqu’elle pousse abondamment dans les bleuetières. Le goût du nard des pinèdes rappelle celui du clou de girofle, de la cannelle, de la cardamome et un peu celui du miel. Il se vend en bourgeons séchés ou moulu et complémente particulièrement bien les desserts chocolatés ou ceux à base de pommes, comme les croustades, les tartes et les gâteaux.

À partir de 13$, sur la boutique en ligne de Racines boréales

nard des pinedes epices quebec

Mélilot

Le mélilot est une plante sauvage constituée de longues grappes de petites fleurs blanches qu’on retrouve partout au Québec. On lui donne parfois le surnom de vanille boréale puisque, une fois séché, il dégage des arômes sucrés de fève de Tonka et d’amandes. On le récolte avec minutie afin de protéger ses délicates fleurs, qui sont ensuite triées à la pince et transformées en essence ou séchées. Le mélilot s’utilise exactement comme la vanille: en ajoutant quelques gouttes d’essence ou de poudre à des gâteaux, à des mélanges de pâte à crêpes ou à gaufres ou même pour parfumer une panna cotta.

26$, sur la boutique en ligne de Gourmet Sauvage

Bardane

On trouve la bardane un peu partout dans la province, souvent en bordure de champs ou de boisés. On la reconnaît facilement par ses chardons, ces petites boules collantes qui s’accrochent à nos vêtements lorsqu’on passe trop près du plant. Ce sont les racines de la bardane que l’on peut consommer, et ce, de multiples façons. En effet, lorsque séchées puis moulues, les racines dégagent des arômes de noix. On ajoute cette poudre dans les pâtisseries ou dans une crème glacée maison. On retrouve aussi la bardane sous forme de pépites: c’est ce qu’on appelle les brisures de toque. Idéales pour les personnes allergiques aux noix, elles peuvent remplacer les amandes et les noisettes dans les desserts.

À partir de 4$, sur la boutique en ligne de Trésors Boréals

Fleur de monarde

La monarde est une plante vivace indigène de l’Amérique du Nord. Ses fleurs rose-mauve à l’aspect ébouriffé dégagent un parfum intense qui rappelle celui de la rose ou du géranium. La poudre qu’on obtient après avoir séché et moulu les fleurs a un goût similaire à celui de la bergamote, ce petit agrume vert légèrement amer et un peu sucré. D’ailleurs, on donne parfois le surnom de bergamote sauvage à la monarde. Elle parfume agréablement bien les guimauves maison, les scones, les biscuits sablés et une salade de fruits.

16$, sur la boutique en ligne d’Épices de cru

Sapin baumier

Difficile de parler de saveurs du temps des Fêtes sans mentionner le roi de la forêt boréale, notre fameux sapin baumier. On l’utilise comme décoration dans notre salon, mais il est aussi possible de le cuisiner! Les jeunes pousses du sapin baumier, qui sont cueillies au printemps puis séchées, sont très aromatiques et dégagent des arômes fruités et boisés uniques. La poudre de sapin baumier se marie particulièrement bien au chocolat (tel le duo choco-menthe) et à la vanille (ou au mélilot!). À essayer en glaçage pour les petits gâteaux ou pour la bûche de Noël.

6,50$, sur la boutique en ligne d’Herboréal

Pour cuisiner local et découvrir d’autres aliments du Québec, voici une liste d’aliments essentiels à avoir dans votre garde-manger.

Recette de flan aux camerises
La recette a été conçue par Christelle Tanielian (du blogue Christelle is Flabbergasting) pour Racines boréales.
«J’ai eu l’idée de préparer un flan inspiré du mouhalabieh libanais de mes origines, mais en version boréale. Il est subtilement aromatisé au nard des pinèdes, une épice aux arômes complexes de cannelle et de muscade, de parfum résineux et de feuille de laurier.»
Rendement | 4 à 6 portions (selon la taille des verrines)
Temps de préparation | 20 minutes
Temps de cuisson | 20 minutes
Temps de repos | 4 h
Ingrédients
Flans
30 g (¼ tasse) de fécule de maïs
500 ml (2 tasses) de lait 3,25 %
30 g (2 ½ c. à soupe) de sucre
¼ c. à thé de nard des pinèdes, fraîchement moulu

Coulis de camerise
140 g (1 tasse) de camerises biologiques, fraîches ou congelées
45 ml (3 C. à soupe) de miel d’été classique ou miel d’été brut de Miels d’Anicet
¼ c. à thé de nard des pinèdes, fraîchement moulu
Préparation
Flans
– Dans un petit bol, mélanger la fécule de maïs dans 60 ml (¼ tasse) de lait froid, jusqu’à ce qu’elle soit bien délayée.
– Dans une casserole, verser le mélange avec le reste du lait, le sucre et le nard des pinèdes moulu. Chauffer, à feu moyen, en fouettant régulièrement pour éviter la formation de grumeaux, pendant environ 10 minutes, ou jusqu’à ce que le mélange soit bien épais et nappe les bords de la casserole.
– Verser la préparation dans des verrines. Réfrigérer pendant au moins 4h (ou toute une nuit)

Coulis de camerise
– Mettre tous les ingrédients dans une petite casserole. Porter à ébullition. Réduire à feu moyen-doux et cuire pendant 10 minutes, en mélangeant de temps en temps.
– Laisser tiédir et conserver au réfrigérateur.
– Au moment de servir, napper les flans de sirop et déguster aussitôt.

Ce texte est paru à l’origine dans les pages du quotidien Le Devoir, le 27 novembre 2021.