S’initier au jardinage: quoi prévoir?

Photo de Geneviève Daoust

Caribou vous propose une toute nouvelle chronique jardinage, animée par Geneviève Daoust, une jardinière passionnée depuis près de 10 ans. Accompagnez-la au fil des saisons pour apprendre, expérimenter, récolter, savourer et… éviter les mêmes erreurs qu’elle!

Texte de Geneviève Daoust

Chaque année, je revis la même situation: mon enthousiasme pour le jardinage est toujours exponentiellement plus élevé que ma capacité de production et d’entretien au fil des saisons.

Geneviève Daoust est une journaliste de formation passionnée par le jardinage depuis près de 10 ans. Crédit photo: Virginie Landry

J’ai des dizaines de nouvelles variétés à essayer, des espaces de production de semis et de plantation restreints ainsi qu’un nombre d’heures limité destiné au jardinage dans ma semaine.

Des choix s’imposent. Ça tombe bien, l’hiver est parfait pour déterminer ses projets, besoins et ambitions. Évidemment, le jardinage et ses dérivés peuvent prendre la place que vous désirez qu’ils occupent dans votre vie. C’est la planification qui permettra de les encadrer et d’évaluer ce qui est réaliste.

À quoi s’attendre?

De façon concrète, une année avec un potager ressemble à ceci sur le terrain. Au printemps, le jardinage peut inclure la production intérieure de semis avec des semences, une étape minutieuse en soi. S’ensuit la préparation de l’espace de culture et la plantation. L’été et l’automne, ce sont les périodes d’entretien, d’arrosage, de contrôle des insectes, de récolte potagère et de récolte de semences ainsi que leur transformation. Chaque étape nécessitera du temps et de l’implication pour des résultats optimaux.

Les variétés et l’espace du potager

La planification d’un espace potager comprend le choix des espèces et des variétés et de leur disposition à l’aide d’un plan de jardin. Il est bien important de respecter l’espacement requis entre les plants. Par exemple, un plant de courgettes surprendra par sa superficie. Même si durant la plantation l’espacement semble grand, cette impression va disparaître rapidement! À défaut de surcharger le potager, les plantes manqueront d’espace et seront moins productives.

S’il s’agit d’une première expérience, concentrez-vous sur un petit nombre de plantes comestibles que vous aurez jugées essentielles de cultiver et miser sur celles-ci tout en respectant l’espace disponible. Gardez votre projet simple.

Entre autres, haricots, laitues, tomates, poivrons et piments, courgettes, radis et fines herbes sont de bons choix.

Jardiner en pots, dans un bac surélevé ou en pleine terre aura aussi une influence sur le choix des variétés. À titre d’exemple, il y a une impressionnante différence de taille entre des variétés de tomates destinées à la culture en pot (comme les Tiny Tim ou Red Robin) et des variétés à hauteur indéterminée pour le potager au sol (comme les Black Cherry ou les Green Zebra). À planifier également: plus l’espace en pot sera petit, plus l’arrosage devra être fréquent.

Choisissez des plantes qui trouveront leurs conditions idéales aux endroits où elles seront plantées. Cela implique de prendre en considération, au-delà de l’espacement: la durée d’ensoleillement, la zone de rusticité de votre région et la qualité de votre terre.

Pourquoi jardiner?

Jardiner, c’est pour moi bien plus que produire ses légumes. C’est une satisfaction à chaque récolte. Une connexion avec les saisons. Un pas supplémentaire vers l’autosuffisance et vers l’accès à des aliments frais, sains et biologiques. Une réalisation personnelle, collective ou familiale.

C’est aussi une série d’essais, d’erreurs, d’efforts et d’apprentissages. Un loisir qui rapproche et qui valorise le partage et l’entraide. Une réappropriation de savoirs qui se sont perdus. Enfin, c’est le plaisir de découvrir et savourer des variétés uniques, rares ou introuvables en grandes surfaces commerciales.

J’en conviens, l’étape de la planification implique plusieurs considérations. Même après quelques années, ça me demande un grand travail de rigueur. Si la planification vous freine davantage qu’elle ne vous encourage, laissez libre cours à votre créativité et laissez la nature vous surprendre. Cela vous procurera également des récoltes et de la satisfaction!

En mode rattrapage
Certaines personnes aiment apprendre et s’initier au fur et à mesure d’un projet. D’autres préfèrent avoir une base de connaissances avant de se lancer. Je glisse donc ici quelques-unes des références qui m’ont moi-même servies, à utiliser autant pour planifier vos projets de jardinage que pour le plaisir de parfaire vos connaissances en la matière.
Regarder
– L’émission C’est plus qu’un jardin pour suivre le parcours de deux familles accompagnées par Dany Bouchard, de l’Académie potagère, et Jean-Martin Fortier, de la Ferme des Quatre-Temps, qui abordent les thèmes de l’autosuffisance et du jardinage
– L’horticultrice Marthe Laverdière des Serres Li-Ma pour des capsules variées parsemées d’humour
Lire
– La section ABC du jardinage du site d’Espace pour la vie pour de nombreuses informations, dont la sélection des légumes et leur compagnonnage
– Les ressources et la liste des semenciers québécois de La Brouette, un organisme de Trois-Rivières, pour s’initier à l’agriculture urbaine
– La carte des zones de rusticité de Ressources naturelles Canada
– Les calendriers de culture du Jardin de l’Écoumène, gratuits en version numérique, pour planifier la production de semis
– Cet article sur les 8 choses à savoir avant de commencer ses semis
Écouter
– L’horticulteur Bertrand Dumont dans le balado Radio légumes et compagnie (qui entame sa 4e saison) pour des sujets diversifiés touchant la culture et l’entretien de plantes comestibles
Suivre
L’Académie potagère pour des ressources et des techniques de jardinage efficaces, écologiques et bien vulgarisées
– L’horticultrice Mélanie Grégoire de MJardiner pour des conseils en tout genre sur les plantes, le potager et les fleurs