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Trois aliments originaux du Québec à cultiver au potager

Publié le

07 mai 2026

Texte de

Sophie Mediavilla-Rivard

Amateurs de jardinage, vous avez envie de tenter de nouvelles expériences au potager cet été? Trois suggestions: le pawpaw, le melon de Montréal et les tomates ancestrales. Que ce soit pour offrir des saveurs originales ou pour jouer un rôle dans la protection du patrimoine végétal québécois, ces aliments valent la peine d’être cultivés.
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Amateurs de jardinage, vous avez envie de tenter de nouvelles expériences au potager cet été? Trois suggestions: le pawpaw, le melon de Montréal et les tomates ancestrales. Que ce soit pour offrir des saveurs originales ou pour jouer un rôle dans la protection du patrimoine végétal québécois, ces aliments valent la peine d’être cultivés.
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1. Le pawpaw

Aussi appelé asimine, ce fruit n’est pas tropical, mais en a tous les attributs — on ne le surnomme pas «mangue du Québec» pour rien! Les raisons de sa popularité grandissante sont nombreuses: non seulement son goût rappelant celui de la mangue et de la banane convainc tous les sceptiques, mais il est également plus facile à cultiver qu’il n’en a l’air. «Il n’y a pas de maladie connue au Québec qui l’affecte, aucun insecte ne s’y attaque et l’arbre ne devient pas très grand: on le taille généralement entre 10 à 12 pieds», explique Vincent Renaud, un cultivateur passionné de pawpaw.

Photo: Vincent Renaud

Le fruit, qui a d’abord été cultivé par les peuples autochtones, existe depuis plus de 50 millions d’années dans l’est des États-Unis et en Ontario. Son arrivée au Québec est cependant toute récente, portée par des adeptes tels que Vincent Renaud. «Si ça pousse aussi près de chez nous, ça veut dire que ça peut pousser dans les conditions québécoises aussi», avance le cultivateur.

L’asiminier a besoin de deux arbres pour la pollinisation, ainsi que de beaucoup d’eau. Il pousse dans les zones de rusticité 5 et 6. Armez-vous de patience, puisqu’il peut mettre quelques années avant de donner des fruits. Mais une fois que vos arbres produiront, ce sera en abondance! L’avantage de cultiver l’asimine, c’est qu’elle ne se retrouvera fort probablement jamais sur les tablettes, puisqu’à maturité, elle conserve sa fraîcheur seulement deux ou trois jours.

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«Ce n’est pas un fruit payant pour l’industrie, mais c’est le meilleur à avoir dans sa cour!»
Vincent Renaud

2. Le melon de Montréal

Vestige d’une époque passée, le melon de Montréal connaît un regain ces dernières années. Le cultiver, c’est une façon de redécouvrir l’histoire culinaire québécoise et de faire avancer les connaissances sur des végétaux d’ici méconnus. «Le melon de Montréal, c’est assurément une richesse patrimoniale et un bien culturel», souligne Patrice Fortier, fondateur de la Société des plantes, un organisme qui produit des semences biologiques pour jardiniers et agriculteurs à Kamouraska.

De la même espèce que le melon miel et le cantaloup, ce melon possède une chair verte et sucrée. Il a connu un pic de popularité à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, avant d’être délaissé progressivement, notamment en raison de l’urbanisation. Dans le passé, le fruit pouvait atteindre de trois à sept kilos – ceux que les adeptes de jardinage font pousser aujourd’hui sont beaucoup plus petits. «Scientifiquement parlant, on n’a pas la certitude que les semences qui circulent aujourd’hui correspondent vraiment à l’ADN d’origine», explique le fondateur de la Société des plantes. En effet, il est probable que le fruit ait été hybridé avec d’autres espèces de melon au fil du temps.

Le fruit était un luxe à l’époque (il se vendait dans les grands restaurants de Boston et de New York) et c’en est encore un aujourd’hui. «Ce n’est pas le plus facile des melons à cultiver et il n’est pas produit à grande échelle», admet Patrice Fortier. Il le dit d’emblée: c’est une espèce qui est faite pour pousser à Montréal, mais difficilement dans le reste du Québec. «Montréal, c’est quasiment tropical l’été. Ce n’est pas un melon adapté aux régions qui n’ont pas le microclimat du boulevard Décarie ou du quartier Côte-des-Neiges!» Le semencier souhaite toutefois refaire des tests dans ses potagers du Bas-Saint-Laurent. Qui sait quelle sera la place du melon de Montréal dans quelques années…

Photo: Le nutritionniste urbain aliments originaux

3. Les tomates ancestrales

Toutes les raisons sont bonnes pour planter des tomates ancestrales. Réputées pour leur goût supérieur et leur chair généreuse, elles existent dans une grande variété de formes et de couleurs.

«Les tomates ancestrales viennent d’une époque où il y avait plus de marchés immédiats, donc où les légumes avaient moins de kilomètres à faire pour se rendre à l’épicerie.»
Patrice Fortier
légumes originaux Photo: Patrice Fortier

Elles pouvaient donc être cueillies plus mûres et ne sont pas nécessairement adaptées aux besoins de l’industrie. «Elles ont une réalité locale et ont été sélectionnées de façon plus libidinale, pour les plaisirs des sens.»

Pour se qualifier comme «ancestrale», une tomate doit être cultivée depuis plus de 50 ans au Québec et être à pollinisation libre. Souvent appelées «heirloom», elles ont chacune leurs caractéristiques uniques. Vous aimez les tomates bien en chair? Ou plutôt juteuses? Vous pensez les utiliser dans des sandwichs? des salades? ou plutôt des gaspachos? Il y a des variétés pour toutes les préférences. «Elles sont à la fois tripantes par leur saveur, leur look et leur histoire», affirme le semencier.

Choisir une variété de tomates, c’est aussi la perpétuer. «Il faut les garder vivantes et les propager, parce que ce sont des variétés difficiles à trouver sur le commerce», mentionne Patrice Fortier, qui est heureux de constater qu’un mouvement citoyen autour de la tomate ancestrale se crée.

Où acheter ses semences?

  • Pawpaw. Il est trop tard pour les semis de pawpaw — la germination devrait être entamée entre janvier et mars. Si le projet vous intéresse pour l’an prochain, Le nutritionniste urbain propose un ensemble de culture complet. Heureusement, il est encore temps d’aller faire un tour en pépinière, alors que plusieurs vendent des arbustes de pawpaw. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le groupe Facebook créé par Vincent Renaud intitulé Pawpaw (asiminier trilobé) du Québec et autres régions nordiques pour échanger des conseils et poser vos questions.
  • Melon de Montréal. Le moment est idéal pour commencer vos semis: on conseille de les démarrer à l’intérieur trois semaines avant le dernier gel prévu. De nombreuses entreprises locales vendent des semences, comme Semences ancestrales Québec, Terre promise et Le nutritionniste urbain
  • Tomates ancestrales. Demandez conseil dans les centres jardins ou les pépinières près de chez vous. La période de semis tire à sa fin, mais vous pourrez trouver de jeunes plants de tomates ancestrales sans trop de difficulté. Le site semences.ca est également une mine d’or qui catalogue les vendeurs et la grande variété de semences disponibles au Canada.
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