Antonin tient le même discours que ses complices. «Ça prend des fous pour se lancer en restauration, et ça prend des fous pour démarrer une ferme urbaine. On est tous des passionnés», dit-il. Il souligne que le public québécois fait aussi partie de l’équation: «L’attachement envers le produit local n’est pas quelque chose qu’on voit partout dans le monde! [Les Québécois] préfèrent manger les produits d’ici, même s’ils sont différents!»
L’oxalis: figure de cas
Les agriculteurs urbains carburent aux défis. Lorsqu’un restaurateur leur demande de produire un aliment bien particulier en exclusivité, ils sautent sur l’occasion de faire briller leur savoir-faire. C’est ainsi que le trio créatif – Antonin, Gabriel et Guillaume – a participé à la démocratisation en restauration de l’oxalis des bois, surnommée la petite oseille, une petite plante herbacée aux arômes citronnés.
«En 2021, à la demande d’Antonin, je suis allé chez sa mère, Katerine, pour récolter les semences d’un plant d’oxalis des bois qu’elle avait dans sa cour dans le but de le faire pousser de façon commerciale. On a dupliqué la plante et on l’entretient depuis six ans», raconte Guillaume. Maintenant, plusieurs restaurants peuvent également en profiter.
Cette histoire est loin d’être unique. «De nombreux restaurateurs sont des pionniers de nouvelles variétés de produits», souligne Gabriel. C’est de cette façon qu’on démocratise l’agriculture urbaine, une fleur comestible, un champignon ou une herbe à la fois.
Cette collaboration entre producteurs et restaurateurs est d’ailleurs au cœur de l’événement Fermes en ville (voir encadré). Une vingtaine de chefs montréalais y proposeront des créations exclusives et mettant en valeur les récoltes des fermes urbaines dans le cadre des Vitrines, notamment au Toqué!, au Rosélys et au Anémone.