Jardinage sur toit : cinq raisons de se lancer selon un expert - Caribou

Jardinage sur toit : cinq raisons de se lancer selon un expert

Publié le

28 septembre 2026

Texte de

Virginie Landry

Rencontré sur le toit du Palais des congrès de Montréal, où cinq tonnes de légumes sont cultivées chaque année, Eric Duchemin, codirecteur du Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB), présente cinq leçons tirées de cette expérience dont peuvent s'inspirer les particuliers souhaitant aménager un jardin sur toit ou sur terrasse la saison prochaine.
Jardinage sur toit
Rencontré sur le toit du Palais des congrès de Montréal, où cinq tonnes de légumes sont cultivées chaque année, Eric Duchemin, codirecteur du Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB), présente cinq leçons tirées de cette expérience dont peuvent s'inspirer les particuliers souhaitant aménager un jardin sur toit ou sur terrasse la saison prochaine.
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Embarquer dans le mouvement

«L’engouement pour les jardins sur les toits (commerciaux et résidentiels) ne s’essouffle pas: il est directement en lien avec les besoins alimentaires. Je dis toujours qu’il y a trois types de personnes qui convergent vers l’agriculture urbaine: les amoureux du jardinage, les foodies en quête de variétés (de légumes, d’herbes) originales et ceux motivés par l’autonomie alimentaire et un mode de vie durable. L’agriculture urbaine est multifonctionnelle!»

(Selon les plus récents chiffres de Cultive ta ville, 42% des Montréalais pratiquent l’agriculture urbaine: la ville compte 95 jardins communautaires animés par plus de 12 000 jardiniers.)

Jardinage sur toit

Mieux comprendre notre environnement

«Depuis le temps qu’on jardine sur le toit [du Palais des congrès], on a énormément appris. Maintenant, on connaît beaucoup mieux les variétés de semences adaptées à l’environnement d’un jardin en hauteur, on évite mieux les pertes. On peut tout faire pousser sur un toit comme il y fait très chaud! Les jardins sur les toits contribuent également à réduire les ilots de chaleur, à diversifier la biodiversité et nous étudions présentement son rôle dans la rétention d’eau lors des fortes pluies.»

«On fait pousser énormément de piments pour Julien Fréchette de La Pimenterie. Il fait une sauce, ‘’Récoltes de Montréal’’, faite à 100% de produits du toit du Palais: piments Scotch bonnet, carottes, curcuma, gingembre. Pour lui, on agit également comme laboratoire de recherche en lui produisant des variétés inédites de piments, comme le Hell Carrot. L’avantage que nous avons, c’est qu’on peut se permettre de faire pousser de petites quantités pour des besoins très spécifiques.»

Jardinage sur toit La betterave Badger Flame

Expérimenter de nouvelles saveurs

Le toit maraîcher du Palais des congrès, inauguré en 2011 puis agrandi et rénové en 2023, sert à la fois de jardin communautaire pour les employés du Palais des congrès ainsi que de lieu de production (en sacs géotextiles et en terreau) pour des restaurateurs et transformateurs montréalais.

«On produit des légumes pour de nombreux restaurateurs montréalais, dont O’Thym, Mélisse et le restaurant de l’ITHQ. On se concentre sur des trucs originaux qui se distinguent dans l’assiette et qui sont adaptés à la chaleur: la ficoïde glaciale, les petits pois, la citronnelle, le curcuma, le safran (d’Emporium Safran) et même des vignes (pour Vignes en ville). On a cette année du garleek: ça ressemble à un poireau, mais ça goûte l’ail! Les restaurateurs l’adorent. Ou la betterave Badger Flame: elle est jaune à l’extérieur, et orange avec des flammes à l’intérieur!»

Faire partie d’une communauté

«Le projet de condos neufs Esplanade Cartier dans Centre-Sud, inauguré en 2025, possède le premier jardin communautaire sur toit à Montréal et AU/LAB en est un fier partenaire. Ses 65 parcelles ne sont pas réservées qu’aux résidents, mais accessibles à tout le quartier», explique Éric Duchemin.

«Quand je vois l’annonce d’un nouveau développement immobilier, je me dis qu’il devrait toujours y avoir un projet de jardin ou un toit vert. Oui, il y a un coût, mais c’est anecdotique quand c’est prévu. AU/LAB a estimé les frais d’installation d’un jardin communautaire au sol versus ceux pour un toit, et c’est moins cher pour une ville de faire ça sur toit parce qu’une grande partie des frais sont payés par le promoteur immobilier.»

AU/LAB a aussi installé un potager collectif sur le toit des logements du Centre multiethnique de Québec et de l’Office municipal d’habitation de Québec à l’été 2026.

Contribuer à l’avenir de notre planète

«Montréal est la capitale mondiale de l’agriculture urbaine: il y a constamment de nouveaux projets, on ne stagne pas! Ce qui démarque la ville, c’est son nombre de fermes urbaines (champignonnières, jardins, serres, pisciculture, etc.) on a dépassé le compte des 80! En comparaison, celle qui nous talonne est Bruxelles. La capitale belge en a 38 (selon les chiffres de 2024).»

«On fait également l’incubation de nouveaux projets sur le toit maraîcher de l’Esplanade Tranquille (dans le quartier des spectacles) et à la Ferme Chabanel (Ahuntsic–Cartierville). On a entre autres Super Boat People, qui fait pousser des légumes asiatiques, ainsi que des fermes florales. Et d’autres sont à venir!», dit Éric Duchemin avec enthousiasme.

Jardinage sur toit Éric Duchemin
Jardinage sur toit

Les trois conseils d’Éric Duchemin pour réaliser un jardin sur son toit

(1) «Commencez petit.»
(2) «Faites pousser quelque chose que vous aimez.»
(3) «Ne vous découragez pas. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas réussi la première fois qu’il faut abandonner.»

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