La consécration de Jean Morin et de ses fromages - Caribou

La consécration de Jean Morin et de ses fromages

Publié le

04 mai 2026

Texte de

Sophie Mediavilla-Rivard

Le fondateur de la Fromagerie du Presbytère, Jean Morin, a été sacré Artisan de l’année ce 4 mai, lors de la 8e édition du Gala des Lauriers de la gastronomie québécoise. Son histoire en est une de famille, au cours de laquelle les valeurs humaines n’ont jamais été érodées par le succès. Portrait d’un homme qui fait rayonner le Centre-du-Québec depuis 2005.
jean morin
Le fondateur de la Fromagerie du Presbytère, Jean Morin, a été sacré Artisan de l’année ce 4 mai, lors de la 8e édition du Gala des Lauriers de la gastronomie québécoise. Son histoire en est une de famille, au cours de laquelle les valeurs humaines n’ont jamais été érodées par le succès. Portrait d’un homme qui fait rayonner le Centre-du-Québec depuis 2005.
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Ce n’est pas la première reconnaissance que le fromager reçoit. L’an dernier, il a été nommé Personnalité du monde alimentaire 2025 par le Conseil de la transformation alimentaire du Québec et les récompenses qu’a accumulées sa collection de 13 fromages sont nombreuses. Mais recevoir un Laurier le touche particulièrement. «C’est grandiose! Ça me fait toujours grandement plaisir de recevoir des prix, mais là, ça vient de gens qui, comme nous, travaillent de leurs mains le mieux possible pour arriver à faire de bons ingrédients et de bons mets. C’est majestueusement grand d’avoir une place à travers ce beau monde-là.»

Cette place amplement méritée, il a commencé à se la tailler il y a une trentaine d’années, quand l’idée d’une fromagerie s’est déposée dans son esprit. «Je suis allé visiter des fromageries en Europe et je suis tombé en amour avec ce que j’ai goûté», raconte celui qui est de la quatrième génération de propriétaires de la ferme laitière Louis d’Or. Cette dernière est située à Sainte-Élizabeth-de-Warwick ou, comme l’artisan aime le dire, à mi-chemin entre Boston et Percé.

«Ce privilège que j’ai de nourrir les humains, c’est quelque chose de grandiose. Il n’y a pas grand-chose de mieux qu’un plateau de fromages pour créer du bonheur.»
Jean Morin

Lorsqu’un beau matin, le presbytère en face de l’entreprise familiale a été mis en vente, il y a vu l’occasion qu’il cherchait pour amener leurs produits laitiers à un autre niveau. Le bâtiment était abandonné, «presque en décomposition», mais le potentiel était là. Après les travaux d’aménagement, la production débute et le premier fromage, le Champayeur, est lancé en 2007.

Depuis, sept agrandissements du presbytère ont été réalisés pour s’adapter à la croissance constante de la fromagerie. L’équipe a également acquis l’église du village, où se trouvent la salle d’affinage, ainsi qu’un magasin général qui sert de boutique.

Le perron d’église du village

Il y a un mot que Jean Morin répète souvent : ruralité. Sa forte connexion avec sa petite communauté a toujours été au cœur de son travail. Depuis plus de 15 ans, la fromagerie organise chaque vendredi un pique-nique sur le parterre du presbytère, qui a réuni au total des dizaines de milliers de personnes. Pour l’Élizabethois, c’est «une grande communion». «On arrête le temps, on partage des saveurs et du bon temps entre amis et en famille, décrit-il. Ce sont des événements gratuits, ce qui est important ces jours-ci.»

«Chaque prix que l’on reçoit, c’est une grande fierté pour la fromagerie, mais aussi une fierté familiale et, finalement, une fierté pour toute la ruralité.»
Jean Morin

L’impact du producteur s’étend toutefois bien au-delà de Sainte-Élizabeth-de-Warwick. Que l’on pense à son implication pour faire reconnaître l’appellation bio ou encore le terme valorisant «Fromage fermier», sa contribution à l’évolution du milieu agroalimentaire québécois est indéniable.

 

jean morin

Passé, présent et futur

Jean Morin ne parle pas de son succès sans en attribuer une grande partie à sa famille. De son père, il dit conserver une volonté d’innover. De sa mère, un goût du beau – c’est un peu grâce à elle si le site de la fromagerie regorge de fleurs. Et des deux, il a hérité d’un don pour accueillir avec une chaleur exceptionnelle.

C’est sans parler de ses quatre enfants, Thomas, Charles, Alexis et Èva, qui prennent déjà le relais autant à la ferme qu’à la fromagerie. «Et j’ai huit petits-enfants qui courent partout! Il y a de la relève, mets-en!»

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