— Quels enjeux vivent actuellement les producteurs de fraises du Québec?
L’explosion du coût de la main-d’œuvre, c’est le plus criant. Ma compétition, c’est le salaire qui est offert aux travailleurs au Mexique! Plus les années avancent, plus la compétition est féroce. Il faut savoir que 55% du coût de la production de fraises, c’est la main-d’œuvre. Le reste, c’est la gestion et l’administration de l’entreprise ainsi que les intrants (fertilisant, plastique, cartons, quincaillerie, diesel, etc). Le salaire minimum augmente – et je ne dis pas qu’il est trop haut ou qu’il ne faut pas l’augmenter! –mais il augmente vraiment vite. C’est difficile de compétitionner contre les fraises importées si on ne fait pas différemment.
De plus, le gouvernement nous ajoute des conditions qu’il n’impose pas aux importateurs étrangers, par exemple sur les salaires, l’hébergement des travailleurs, les normes environnementales, la règlementation concernant les limites d’utilisation d’eau ou de pesticides, le recyclage ou même à propos de l’Office de la langue française! Je ne suis pas contre nos normes qui font que nos fraises sont excellentes, mais exiger un peu plus de réciprocité nous aiderait à rester compétitifs.
Au Québec, on perd des producteurs de fraises tous les ans car ils ne font pas assez d’argent pour survivre! Il n’y a pas de relève non plus, quand on pense qu’il faut travailler 80h/semaine pour vivre décemment… Un moment donné c’est beau la passion, mais ça ne paie pas tes dépenses!