— Est-ce qu’il y a un pays qui vous inspire par sa façon de recevoir?
Normand: Le Japon, même si parfois c’est un peu too much. Là-bas, on est reçus comme des rois. Les Japonais ont le souci du détail, ils sont méticuleux. C’est impressionnant!
— Vous accueillez beaucoup de jeunes cuisiniers dans vos cuisines. Qu’est-ce que vous avez l’impression de leur transmettre?
Normand: Une culture, une philosophie. Ils arrivent souvent d’Europe et ils prennent leur stage très au sérieux, car on a la réputation d’être une grande maison. Mais rapidement, on leur fait comprendre que le côté hiérarchique n’a pas sa place dans notre cuisine et on les fait participer à tous les postes. Ils voient qu’on a une belle qualité de vie au Québec, autant au travail que dans les autres secteurs de nos vies.
Christine: On espère aussi que chez nous, ils vont attraper la piqûre du métier, du travail bien fait et de la restauration pratiquée pour les bonnes raisons.
Normand: Je suis resté en contact avec beaucoup de cuisiniers qui sont passés par ici et je trouve que c’est une des plus belles richesses de mes 30 ans au Toqué! Présentement, j’en ai 22 en cuisine: tu t’imagines, en 30 ans, combien de cuisiniers sont passés par chez nous !? Il y en a qui ont fait un an ou deux, d’autres qui sont restés plus longtemps, comme Charles-Antoine [Crête, aujourd’hui au Montréal Plaza].
— Comment faites-vous pour conserver votre passion après 30 ans à recevoir des clients?
Christine: Le fait que les clients apprécient notre travail, c’est notre plus belle paye. Quand ils partent contents, qu’ils ont éprouvé du plaisir, qu’ils disent que leur repas restera gravé dans leur mémoire, c’est très gratifiant.