2. Le melon de Montréal
Vestige d’une époque passée, le melon de Montréal connaît un regain ces dernières années. Le cultiver, c’est une façon de redécouvrir l’histoire culinaire québécoise et de faire avancer les connaissances sur des végétaux d’ici méconnus. «Le melon de Montréal, c’est assurément une richesse patrimoniale et un bien culturel», souligne Patrice Fortier, fondateur de la Société des plantes, un organisme qui produit des semences biologiques pour jardiniers et agriculteurs à Kamouraska.
De la même espèce que le melon miel et le cantaloup, ce melon possède une chair verte et sucrée. Il a connu un pic de popularité à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, avant d’être délaissé progressivement, notamment en raison de l’urbanisation. Dans le passé, le fruit pouvait atteindre de trois à sept kilos – ceux que les adeptes de jardinage font pousser aujourd’hui sont beaucoup plus petits. «Scientifiquement parlant, on n’a pas la certitude que les semences qui circulent aujourd’hui correspondent vraiment à l’ADN d’origine», explique le fondateur de la Société des plantes. En effet, il est probable que le fruit ait été hybridé avec d’autres espèces de melon au fil du temps.
Le fruit était un luxe à l’époque (il se vendait dans les grands restaurants de Boston et de New York) et c’en est encore un aujourd’hui. «Ce n’est pas le plus facile des melons à cultiver et il n’est pas produit à grande échelle», admet Patrice Fortier. Il le dit d’emblée: c’est une espèce qui est faite pour pousser à Montréal, mais difficilement dans le reste du Québec. «Montréal, c’est quasiment tropical l’été. Ce n’est pas un melon adapté aux régions qui n’ont pas le microclimat du boulevard Décarie ou du quartier Côte-des-Neiges!» Le semencier souhaite toutefois refaire des tests dans ses potagers du Bas-Saint-Laurent. Qui sait quelle sera la place du melon de Montréal dans quelques années…