Dans l’assiette de Katerine-Lune

Les découvertes de la chroniqueuse Katerine-Lune Rollet cette semaine: les chefs qui adoptent la sobriété, la desserte en vedette, un café à découvrir à Orford et l’agriculture selon Playmobil.

Conseil d’un chef : manger mieux, boire moins

Le témoignage dans Bon Appétit du célèbre chef américain de Charleston, Sean Brock, sur son changement de vie, a fait couler beaucoup d’encre. Celui qui était réputé pour boire abondamment est sobre depuis un an et a fait un virage à 180 degrés dans sa vie. Méditation, acupuncture et transformation radicale de son alimentation: cela a aussi eu un impact sur sa façon de cuisiner, dit-il. «I want people to eat my food and gain energy and happiness, not stumble out the door and fall asleep on the way home.» (Je veux que les gens mangent mes plats et gagnent en bonheur et énergie, pas qu’ils passent la porte et s’endorment en route vers la maison).

Si plusieurs chefs montréalais ont aussi adopté cette philosophie de vie ces dernières années, ceux-ci demeurent souvent discrets à ce propos. La restauration est tellement associée à un monde de fête. Si les chefs adoptent la modération, cela peut-il modifier notre expérience en salle à manger?

La desserte en vedette

La desserte comme élément central d’une salle à manger semble s’imposer dans les restaurants. Celle sur laquelle on met assiettes supplémentaires, couverts en extra et carafes trône magistralement dans deux nouveaux établissements montréalais. Chez Elena en version moderne avec comptoir en marbre et éclairage de laiton (décor de Kyle Adams Goforth). Au bar à vin Mon lapin, plus antique avec un gigantesque seau à glace en étain pour les bouteilles de vin.

Via @derossigabriel @Sade !#stealyourface

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Orford, nous voilà!

Si vous prenez la route des Cantons-de-l’Est cet été et croisez Orford sur votre chemin, arrêtez-vous au Gratitude Café. J’ai tout aimé de cet endroit ouvert l’an dernier: le menu, la déco, son âme. Mijotant une cuisine végétalienne tout sauf ennuyante, on propose des crêpes de sarrasin bien garnies, des wraps, des burgers et des bols-repas. J’ai particulièrement apprécié le dévouement de notre serveuse, qui manifestait un bonheur de travailler là. La grande terrasse permet de se dorer la couenne au soleil et on peut aussi prendre des plats pour emporter. À essayer sans réserve.

Le vin bouchonné de la semaine: l’agriculture selon Playmobil

Grâce à mon fils de quatre ans – dont la lecture préférée est le catalogue de Playmobil – j’ai remarqué que le jeu de la ferme variait si on l’achetait en Suisse ou au Canada. Chez nous, on retrouve des éléments automatisés, comme la lampe chauffante pour les cochons et des brosses nettoyantes pour les vaches. On sépare aussi les veaux de leur mère. Chez les Helvètes, on peut dormir dans la ferme et (oh sacrilège!) même manger auprès du bétail. Ces petits détails démontrent une vision très différente de l’agriculture. Fascinant que l’on inculque déjà cela si jeunes à nos futurs consommateurs.

[Photo à la une par Andréanne Gauthier]