Comment jardiner facilement pour les pollinisateurs?

Agastache fenouil

C’est l’un de mes sujets favoris! À mon jardin communautaire, je suis reconnue pour être Madame Fleurs. Je parle de fleurs, j’en mange et j’en récolte, je fais des bouquets et je bricole avec des fleurs, et, par-dessus tout, j’observe, j’admire et je photographie mes fleurs… et tous les pollinisateurs qui les entourent.

Texte et photos de Geneviève Daoust

Au minimum, le tiers de ma parcelle de jardin contient des fleurs comestibles, des fines herbes, des vivaces et des annuelles utiles ou ornementales dont la floraison attire les pollinisateurs de tous genres. J’y ai trouvé un petit escargot camouflé dans une fleur d’ancolie, plusieurs abeilles et insectes butineurs, ainsi que des papillons volant autour de ma parcelle, dont le populaire monarque et un magnifique papillon sphinx butinant dans un zinnia.

Ce partage de mon jardin avec les pollinisateurs m’enchante. Mais détrompez-vous; je ne jardine pas pour les attirer par simple altruisme!

Leur rôle est essentiel pour maximiser les récoltes (de mes plantes potagères, mais aussi de leurs semences) grâce à leur pollinisation. C’est un échange mutuel.

Jardinier pour les pollinisateurs est très simple et de petits gestes peuvent y contribuer:

(1) Intégrez des plantes reconnues pour les attirer dans vos espaces de culture en incluant certaines espèces indigènes, de préférence.
(2) Assurez-vous de choisir vos plantes, vivaces et annuelles, de façon à ce qu’il y ait une floraison diversifiée tout au long de la saison, du printemps à la fin de l’automne. Les vivaces repoussent année après année sans efforts supplémentaires de votre part, ce qui est un avantage intéressant.
(3) Acceptez que certaines plantes deviennent des «plants sacrificiels», c’est-à-dire qu’elles vous procureront moins de récolte, voire aucune, mais elles profiteront aux pollinisateurs.
(4) Pour les fines herbes, laissez-en une partie fleurir («monter» en fleurs et ensuite en graines) à l’instar de les couper (ce qui prolonge leur production, mais qui est moins attractif pour les pollinisateurs).
(5) Ne cueillez pas l’ensemble de vos fleurs comestibles.
(6) À long terme, l’ajout d’arbres et arbustes fruitiers peut bonifier votre projet pour attirer les pollinisateurs lors de leur floraison et offrir un écosystème diversifié.

Ma fleur coup de cœur: le zinnia

J’A-DO-RE les zinnias. Ils sont parfaits pour une première expérience, demandent peu d’entretien et font d’excellentes fleurs à couper. Ils résistent bien aux maladies, ont des couleurs vives et une floraison continue qui se prolonge jusqu’au premier gel. Pas encore convaincu(e)? Ils peuvent aussi être comestibles pour mettre de la couleur dans vos plats et leurs semences sont faciles à récupérer, ce qui permet de fleurir à coût nul vos espaces verts. Bref, c’est un essentiel au jardin, dans la cour, intégré dans un aménagement paysager ou dans une plate-bande urbaine et vous verrez, les pollinisateurs s’y trouveront à tout coup. Quelques variétés à essayer: Elegans, Envy, Peppermint Stick et Cactus.

Mes autres plantes essentielles

Parmi ma sélection, je privilégie toujours en premier choix des plantes comestibles et en seconde option, des plantes utiles. En plus petite quantité et en dernier recours, j’inclus des plantes ornementales; la beauté d’une plante ou sa texture me fait parfois céder, c’est le cas de l’ancolie et de l’épinaire laineuse.

plantes jardin
Centaurées, soucis, grandes immortelles et feuilles de livèche

Parmi les floraisons printanières, mes incontournables sont les pensées sauvages et la camomille (deux annuelles comestibles qui se resèment d’elles-mêmes) et certains fruitiers (fraises, camerises).

Durant l’été, mes fines herbes et fleurs comestibles vivaces préférées sont la ciboulette, la menthe, la mélisse, la lavande, l’origan, le basilic (sacré, citron et Genovese), l’agastache fenouil, le thym. Parmi les plantes indigènes, soulignons la monarde fistuleuse, vivace dont les fleurs ont un goût intéressant en cuisine, l’asclépiade commune et l’immortelle blanche.

Parmi les plantes annuelles qui ont du succès auprès des pollinisateurs dans mon jardin, notons également les centaurées, les soucis, les capucines, les tagètes et l’aneth, qui produisent toutes des fleurs comestibles pour ajouter de la couleur à vos repas.

Les fines herbes fleuriront jusqu’à la fin de l’automne, tout comme les zinnias, entre autres.

Où trouver des semences pour attirer les pollinisateurs?
La plupart des semencières et semenciers québécois ont sur leur site Internet des sections dédiées aux plantes mellifères ou aux fleurs comestibles, ce qui facilite le choix des variétés.

Sur le site Les jardins féconds de Kélanie, outre ces options, on retrouve également des abris pour chauve-souris et papillons, ainsi que des «hôtels pour abeilles sauvages», ce qui est intéressant pour ceux et celles désirant pousser plus loin la démarche pour créer un écosystème favorable aux pollinisateurs.

J’affectionne aussi la sélection de Terre Promise, dont la production se fait à Montréal (un choix très local pour ma part), les Semences du Portage (j’ai visité les Jardins du Grand-Portage, à Saint-Didace), et la compagnie Mycoflor, que j’ai découverte lors de diverses fêtes des semences.

Enfin, le Jardin Buzz se spécialise dans la création et l’installation de jardins pour pollinisateurs. Toutefois, il y a une panoplie de compagnies à encourager localement, il vous suffit de choisir la vôtre!

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