À quand remonte la première infusion caféinée en Amérique du Nord? Difficile à dire. Chose certaine, en avril 1534, à l’époque où Jacques Cartier amorce son premier voyage au Canada, pas une seule goutte d’arabica n’a encore été bue en France! Le café est un cadeau du continent africain, où l’infusion des baies rouges du caféier, grillées sur les braises, se répand à partir de l’Éthiopie. Cultivé dans les montagnes escarpées du Yémen, où les moines soufis font bon usage de ses vertus stimulantes dans leurs longues veillées de prières, le café voyage du port de Mocha, suivant le chemin des routes commerciales, jusqu’en Égypte, où il arrive vers 1510, avant d’atteindre Istanbul en 1554, en plein cœur de l’Empire ottoman.
La première mention de café en Europe se trouve justement dans l’inventaire des biens d’un marchand turc, Hüseyin Çelebï, assassiné à Venise le 20 mars 1575. En France, il faut attendre la décennie 1650 pour que les marchands marseillais qui contrôlent les ports d’Europe de l’Ouest permettent à l’exportation commerciale de café de prendre son essor sur le continent. C’est en 1670 à Marseille, puis en 1671 à Paris, qu’ouvrent les premiers cafés français.
Du café en Nouvelle-France
Succombant rapidement à la fièvre du café, la France introduit des plantations dans ses colonies d’outre-mer, sur l’île de Bourbon (île de la Réunion) dès le début du XVIIIe siècle, puis en Martinique et en Guadeloupe vers 1720. Grâce au commerce triangulaire, les navires français chargés de sucre, de café et de coton ravitaillent la Nouvelle-France avant le retour vers la mère patrie. Dès 1728, on trouve une mention de «café de France» dans les archives des sœurs hospitalières de Québec et, en 1749, les notes de voyage de l’explorateur et botaniste suédois Pehr Kalm confirment que la consommation de café est déjà bien implantée ici.