Geneviève Everell: franchiseur au grand cœur - Caribou

Geneviève Everell: franchiseur au grand cœur

Publié le

19 mai 2026

Texte de

Virginie Landry

Photos fournies par

Sushi à la maison

Geneviève Everell, alias Miss Sushi, n’avait jamais envisagé devenir un jour franchiseuse. Depuis l’ouverture de son premier restaurant dans Hochelaga-Maisonneuve en 2018, son concept de comptoir Sushi à la maison a pourtant fait des petits. Maintenant, ce sont six succursales – toutes tenues par des femmes! – qui font briller son nom de Montréal jusqu’à Sept-Îles.
franchise Miss Sushi
Geneviève Everell, de Sushi à la maison
Geneviève Everell, alias Miss Sushi, n’avait jamais envisagé devenir un jour franchiseuse. Depuis l’ouverture de son premier restaurant dans Hochelaga-Maisonneuve en 2018, son concept de comptoir Sushi à la maison a pourtant fait des petits. Maintenant, ce sont six succursales – toutes tenues par des femmes! – qui font briller son nom de Montréal jusqu’à Sept-Îles.
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Dans cette série, Caribou s’intéresse aux franchises en restauration, à leur place dans le paysage de la restauration québécoise et à la trace indélébile qu’elles laissent sur la culture culinaire locale.

«[Devenir franchisé], c’est un plaisir coupable en tant qu’entrepreneur. C’est le parfait compromis quand tu as la fibre entrepreneuriale, mais que tu ne veux pas partir de rien. C’est sécurisant», admet d’emblée la restauratrice, autrice et femme d’affaires qui depuis bientôt cinq ans (sa première franchise a ouvert en 2021 à Blainville) apprend à devenir franchiseur, une expérience formatrice à la fois.

— Quand as-tu pris la décision de devenir franchiseuse?

Ce n’est pas quelque chose que j’avais planifié. Une amie d’une amie a perdu son emploi pendant la pandémie et m’a dit qu’elle rêvait d’avoir une franchise. J’ai dit, OK, on le fait! J’ai été chanceuse, ce sont toujours des gens qui sont venus à moi avec l’envie d’ouvrir un Sushi à la maison. Je n’ai pas eu à solliciter.

Il n’y a pas d’école [de franchisage], on a appris sur le terrain! Notre mini équipe fait tout avec cœur et passion. Je me suis rendue compte que c’est facile de franchiser ton concept… mais aussi qu’il n’y a rien de facile dans l’univers du franchisage! (Rires)

«[Devenir franchisé], c’est comme si tu adoptais un bébé. L’enfant que tu as choisi, faut que tu le chérisses autant que ton enfant biologique.»

— Quelles sont les qualités d’un bon franchiseur, à ton avis?

Je pense que je suis une franchiseur qui laisse beaucoup de libertés à mes franchisées. Elles ont des désirs, des attentes et des réalités différentes et de mon côté, je les accueille sans jugement et avec ouverture même dans leurs idées les plus folles. Par exemple, la succursale de Chicoutimi installera sous peu un «bar à charms» dans sa salle à manger. C’est ce qui fait notre succès, je crois.

Un franchiseur doit être constamment en mode solution: on s’occupe des calculs de cost, de création des menus, de la réalisation de recettes, de magasinage de produits, de faire de bons deals. Faut coordonner tout le monde en même temps et moi, j’ai des franchisées un peu partout au Québec!

— Et en retour, on s’attend à quoi de ses franchisés?

Les franchisés sont des entrepreneurs accompagnés, ils veulent savoir qu’on est là pour les appuyer. Bien qu’on soit en train de passer la barrière du cinq ans pour toutes mes franchises, je dois avouer que ç’a été dur. Tout a augmenté dans les dernières années: les taux d’intérêt, le prix des matières premières…

C’est pour ça que pour être franchisé, tu dois y mettre le même cœur, la même volonté, la même passion que si tu ouvrais ton restaurant en tant qu’indépendant. Tu dois aimer ta marque pour vrai, tu dois avoir envie de faire la faire rayonner et de la faire croître.

Geneviève Everell
«J’ai à cœur qu’aucune de mes franchisées ne manque de travail. Moi, je ne dors pas la nuit si une franchisée a un problème avec son resto. D’ailleurs, c’est pour ça qu’il n’y en aura pas d’autres: c’est stressant.»

— Qu’est-ce que les franchises apportent à la scène gastronomique?

Étant moi-même une grande consommatrice de plats de franchises, ce que j’aime, c’est souvent relié à la nostalgique. Je sais ce qu’un plat va goûter à chaque fois. C’est sécurisant, je vais trouver mon réconfort à tous coups.

C’est drôle, mais on aime les franchises pour leur standardisation, mais c’est également pourquoi certains ne sont pas fiers de dire qu’ils y mangent régulièrement. Bien sûr, on aime tous faire des découvertes culinaires, mais il y a quelque chose de rassurant d’aller dans un restaurant que tu sais exactement ce que les plats goûtent, d’un bout à l’autre de la province. Les deux coexistent super bien.

— Est-ce que le modèle de franchisé en restauration est là pour rester?

Oui! La restauration se transforme, les besoins des consommateurs aussi. Ceux qui vont rester, c’est ceux qui vont le mieux s’adapter aux nouvelles réalités, ceux qui vont être créatifs et originaux. Je pense entre autres à ceux qui vont nous faire découvrir des cultures culinaires d’ailleurs. En ce moment, les cuisines asiatiques sont hyper populaires, le coréen et le japonais, surtout.

«C’est un goût précis d’avoir envie de filets de poulet St-Hubert ou d’un Cornicochon de Sushi à la maison! Ça peut être assez violent, un craving d’un plat de franchise!»

— Depuis trois saisons déjà, tu animes la série balado «En toute franchise» qui s’intéresse justement à l’univers de la franchise au Québec, mais pas que celle en restauration. Qu’est-ce que tu avais envie d’explorer comme sujets en te lançant dans ce projet?

J’avais le goût d’apprendre, de comprendre. J’avais le goût de me sentir moins seule en tant que franchiseuse indépendante. Je m’adapte encore à ma réalité, je fais des erreurs et je m’assure ensuite de ne plus les refaire. Avec le balado, j’ai reçu autant des entrepreneurs en période creuse que certains qui venaient tout juste de se revirer de bord. C’était tellement intéressant!

Au final, ça demeure un podcast sur des entrepreneurs destiné à ceux et celles qui sont curieux de comprendre comment ça marche.

Geneviève Everell

— Qu’as-tu appris à travers ces rencontres?

J’ai réalisé le côté très humain de la business. Je me suis rendue compte qu’on a les mêmes enjeux, les mêmes défis, qu’on soit un petit ou un gros joueur. On a tous le désir d’être «dans la game», de créer un legs, d’être unique. On a le souci d’apporter de quoi à la culture culinaire québécoise, aussi!

Je me suis rendue compte que, franchiseur ou franchisé, on est tous des humains qui prennent des risques et des décisions dans le but de toujours innover. Et on fait tous de notre mieux!

Écouter le balado ici

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