Deuxième génération
À quelques centaines de mètres des installations agricoles, de retour dans la maison de Sylvain et de sa femme, Josée, hygiéniste dentaire, nous prenons place autour de la table de cuisine. Par les fenêtres, on voit des champs à perte de vue; dans la cour, des modules de jeux font le bonheur des cinq petits-enfants dont la photo orne le meuble d’entrée.
Le grand-papa comblé a bien tenté, à l’époque, d’aller voir ailleurs s’il y était: «Au cégep, je me suis inscrit en sciences pures, mais j’ai vite réalisé que je ne me voyais pas passer de longues années d’études loin de la ferme. J’ai finalement fait un cours plus rapide en gestion et exploitation agricole, et je suis revenu en 1984.»
C’est 20 ans plus tard, en 2004, que son frère André, ingénieur électrique, est à son tour retourné à la ferme, à la suite du décès de leur paternel. Les deux frères demeurent à moins d’un kilomètre l’un de l’autre, tous les deux entourés de leurs champs.
André et Sylvain se complètent. Le premier a apporté son côté «plus cartésien» et une organisation qui permet de documenter les données de la terre d’année en année. Le deuxième, pour sa part, possède la connaissance des champs de 300 hectares. «On fait une belle équipe. Ensemble, nous travaillons pour avoir des terres en santé, plus résilientes, qui ont plus de chances de passer au travers des épreuves liées, entre autres, aux changements climatiques», indique Sylvain. Selon lui, «les producteurs de grains sont au front» en la matière. Les deux frères pensent aussi à la relève: les Pion ont quatre filles, et certaines sont intéressées par la mission.