La pomme Orléans enrichit le patrimoine alimentaire québécois - Caribou

La pomme Orléans enrichit le patrimoine alimentaire québécois

Publié le

12 octobre 2026

Texte de

Mélanie Gagné

Photos de

LensBrothers

L’automne a tant à offrir avec ses forêts multicolores, sa lumière dorée, les récoltes abondantes et le retour de notre fruit chouchou, la pomme fraîchement cueillie, que nous dégustons de multiples façons. Cet automne dans plusieurs commerces du Québec, en parcourant les étalages de fruits, vous remarquerez une nouvelle variété de pomme, d’un beau rouge carmin et rubis: la pomme Orléans. Voici l’histoire de cette belle charnue, 100 % québécoise, qui a été imaginée par Serge Mantha il y a 25 ans.
L’automne a tant à offrir avec ses forêts multicolores, sa lumière dorée, les récoltes abondantes et le retour de notre fruit chouchou, la pomme fraîchement cueillie, que nous dégustons de multiples façons. Cet automne dans plusieurs commerces du Québec, en parcourant les étalages de fruits, vous remarquerez une nouvelle variété de pomme, d’un beau rouge carmin et rubis: la pomme Orléans. Voici l’histoire de cette belle charnue, 100 % québécoise, qui a été imaginée par Serge Mantha il y a 25 ans.
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En plus d’être agronome, Serge Mantha est hybrideur, c’est-à-dire qu’il est spécialiste du croisement d’espèces de plantes de variétés différentes. M. Mantha a été le conseiller technique de nombreux producteurs agricoles. En 1995, lors d’un voyage d’exploration au Minnesota, il a découvert la pomme Honeycrisp, un fruit qu’il qualifie de remarquable. À son retour, il a eu l’étincelle: «C’est ce qui m’a donné l’idée de créer une nouvelle variété de pomme, adaptée aux conditions climatiques du Québec. J’ai partagé le projet avec François qui m’a répondu «Pourquoi pas!» et nous avons démarré en 1999 le projet à sa ferme.» Le partenaire dont il est question ici est François Turcotte, pomiculteur des Vergers Turcotte à Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans, un collaborateur de longue date de Serge Mantha.

La création d’une nouvelle variété de pomme exige beaucoup de temps et d’expérimentations. Il faut trouver, dégager les hybrides les plus prometteurs, explique Serge Mantha: «Au total, 780 croisements ont été faits de 1999 à 2005 et l’un des croisements Empire et Honeycrisp a donné la Orléans.» Pour chaque croisement, le rendement du pommier a été noté, les pommes ont été pesées, le taux de sucre ainsi que la fermeté des fruits ont été mesurés, un test de goût a été effectué et la conservation a été évaluée. 

En 2012, les premiers pommiers Orléans ont été plantés dans plusieurs vergers du Québec. Serge Mantha et François Turcotte ont fait breveter leur pomme en 2017: «Le nom est protégé et nous avons des droits de royauté sur la variété», soutient l’hybrideur. Aujourd’hui, plus de 60 000 arbres poussent chez différents producteurs de la province. Entre 15 000 à 20 000 nouveaux arbres devraient s’ajouter chaque année parmi les vergers du Québec.

Pommes Orléans François Turcotte, à gauche, et Serge Mantha, à droite.
Pommes Orléans

Les qualités de la pomme Orléans

En quoi la pomme Orléans se démarque-t-elle? «Elle est adaptée à notre climat nordique. Elle résiste bien au froid. Elle est aussi plus résistante aux maladies. Contrairement à la McIntosh, qui est populaire au Québec, elle est peu sensible à la tavelure», fait valoir l’hybrideur. Le pommier Orléans est donc avantageux parce qu’il est résistant, sain et il offre un bon rendement de fruits.

L’Orléans est une pomme tardive. On la cueille à Québec au cours de la deuxième semaine d’octobre. En plus d’avoir une robe aussi jolie qu’appétissante, cette pomme est croquante, juteuse, bien balancée en sucre et elle se conserve très longtemps. On peut la cueillir en octobre et la conserver jusqu’au printemps.

«Nous, on la mange naturelle», dit M. Mantha, en parlant des habitudes de consommation de la pomme Orléans de sa femme et de lui. L’agronome affirme que c’est une merveilleuse pomme à croquer. Elle ne s’oxyde pas rapidement, ce qui fait qu’il peut être intéressant de l’incorporer à une salade, par exemple.

Quand il pense à l’avenir de la pomme Orléans, l’agronome est optimiste: «On souhaite qu’elle devienne aussi populaire que la McIntosh!» Environ 750 000 pommes Orléans seront récoltées en 2026 et la production devrait franchir le million en 2027. La Maison de la pomme, une entreprise spécialisée dans la production et l’emballage de pommes à Frelighsburg, est le distributeur exclusif de la pomme Orléans. L’entreprise s’occupe de sa commercialisation auprès des grandes chaînes alimentaires. Cet automne, des pomme Orléans seront distribuées dans tous les Metro Mon Épicier, dans les Costco de Québec et de Rimouski ainsi qu’au Grand Marché de Québec. 

Créer une nouvelle pomme est l’œuvre d’une vie. Comme cette démarche est longue et exigeante, c’est un projet unique dans une carrière. 

«Je vais léguer une pomme! Je suis fier de ça!»
Serge Mantha

Lui et son partenaire François Turcotte peuvent effectivement être plein de fierté d’avoir marqué le patrimoine agroalimentaire et le terroir québécois en les enrichissant avec cette jolie pomme croquante. 

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