Festive guinguette en sa version québécoise - Caribou

Festive guinguette en sa version québécoise

Publié le

02 juin 2026

Texte de

Virginie Landry

Photos fournies par

Les Ginguettes

Dans la tradition française, la guinguette est un sympathique établissement de restauration en plein air situé sur le bord de l’eau — la Seine, la Marne, la Loire, par exemple — où on va boire, manger et festoyer dans un décor champêtre. Le terme, encore méconnu au Québec, commence à prendre vie grâce à des entrepreneurs locaux qui se l’approprient, proposant ainsi leur vision personnalisée de ce concept rassembleur.
Dans la tradition française, la guinguette est un sympathique établissement de restauration en plein air situé sur le bord de l’eau — la Seine, la Marne, la Loire, par exemple — où on va boire, manger et festoyer dans un décor champêtre. Le terme, encore méconnu au Québec, commence à prendre vie grâce à des entrepreneurs locaux qui se l’approprient, proposant ainsi leur vision personnalisée de ce concept rassembleur.
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Personne ne s’entend sur l’origine exacte du mot guinguette. Serait-ce à cause du vin blanc bon marché, le «guinguet», qu’on servait dans les premières guinguettes françaises? Ou plutôt pour Pierre Guinguet, fondateur d’un populaire cabaret dans le quartier parisien de Ménilmontant dans les années 1640? Nul ne le sait, mais tous s’entendent pour dire que le concept a fait vibrer les Français aux 18e et 19e siècles, époques où les lieux de loisirs extérieurs et les bals musettes étaient particulièrement à la mode.

Pour que Montréal goûte à la frénésie des guinguettes, il aura fallu qu’une Française fraîchement débarquée en sol québécois démocratise le concept. En effet, à son arrivée à Montréal en décembre 2010, Line Basbous, directrice générale de l’OBNL La Lutinerie (qui produit également le Grand Marché de Noël de Montréal), fut surprise de voir qu’une métropole insulaire comme la nôtre n’avait pas de guinguette. «C’est terrible!» s’était-elle exclamée.

En 2021, La Lutinerie inaugure Les Guinguettes sur les rives du canal de Lachine, dans le Sud-Ouest de Mont­réal. «On a fait notre version à nous d’une guinguette: une forme de festival de quartier bien ancré dans son territoire où on vient boire, manger et s’amuser en bonne compagnie», renchérit celle qui se réjouit d’avoir accueilli pas moins de 40 000 visiteurs à l’édition 2025.

À boire, à manger

Quand Catherine D. Lapointe et Caroline Côté ont ouvert Le Nadia, guinguette sportive, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve en décembre 2025, elles ont délibérément ajouté le mot «guinguette» à leur nom de restaurant pour se détacher du concept de bar sportif qui ne leur ressemblait pas.

«On offre un espace de diffusion du sport féminin, un lieu de rassemblement inclusif et décomplexé, explique Catherine D. Lapointe, cofondatrice de l’entreprise. On a choisi ce mot moins connu qu’on trouve ludique dans l’optique de pouvoir se redéfinir.»

Le Nadia, qui quitte définitivement son local de la rue Ontario Est pour vivre son concept en extérieur cet été dans le stationnement du studio Giovanelli, toujours dans Hochelaga, incarne son côté guinguette principalement par l’ambiance très festive des événements et par le «menu sympathique, simple, misant sur une bonne bouffe maison». Son classique est le pain de maïs, qu’il décline dans une variété de plats. S’ajoutent des «snacks deluxe» (maïs éclaté gratiné, trempette au fromage et chorizo, houmous maison) et du barbecue pour la saison estivale.

Lorsque Line Basbous s’est mise à imaginer Les Guinguettes, elle a su qu’elle devrait développer son concept autour de l’offre de restauration. «L’aspect gastronomique d’un événement est extrêmement important pour les Québécois. C’est une vitrine du savoir-faire de la ville», admet-elle.

 

«Au Québec, tu n’irais pas dans un festival s’il n’avait pas de food-trucks. Aux Guinguettes, on a 10 restaurants et kiosques de bouffe!» 
Line Basbous

On y mange du fish and chips (on est au bord de l’eau, après tout), de la paella, des hamburgers. Il y a un bar à limonade, de la crème glacée et une offre alcoolisée. «Et puisqu’on est une guinguette à la québécoise, on a de la poutine!»

À faire

Le point commun entre les guinguettes à l’européenne et ce qui se développe présentement ici? «Le plaisir», insiste Line Basbous.

Car si on peut passer la journée à tenter de goûter tout ce qui se trouve sur le site des Guinguettes, il y a également la possibilité de participer à une foule d’activités, comme leur fameux bingo, des cours de danse, du karaoké, des aires de jeux pour enfants et le marché des artisans.

«Les Québécois aiment manger, mais ils aiment aussi avoir de la musique et de l’animation lors de leurs événements», ajoute Line Basbous, qui se fait un devoir de développer cette dimension culturelle aux Guinguettes.

De son côté, Catherine D. Laporte dit souvent que ses clients viennent au Nadia pour le sport, mais restent pour les cocktails et les mocktails. «On propose une offre de restauration au-delà du sport», déclare-t-elle. Célébrer la compétition, certes, mais aussi les amitiés créées au fil des victoires. Le tout dans le plaisir, évidemment.

Carnet d’adresses

Voici des endroits à visiter cet été qui s’affichent comme des guinguettes ou qui le sont en raison de l’ambiance festive et de leur localisation au bord de l’eau.

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