— Est-ce que Apéro: à boire et à manger a été plus facile ou plus difficile à rédiger que tes deux autres ouvrages, Boire le Québec (2021) et L’apéro au Québec (2022)?
Je pense que ç’a été plus facile à faire parce que j’ai l’expérience des autres. Je connais le rythme, l’énergie qu’il faut mettre sur la rédaction (et pour le lancement!). Mon but était clair depuis le début: je voulais inspirer les gens, qu’ils laissent traîner le livre et y reviennent souvent. Aucun détail n’est laissé au hasard et ça finit par se ressentir à travers le livre. Je pense que je sais faire de beaux livres!
Je l’ai pensé comme un outil de référence. On avait un peu réussi à faire ça avec L’apéro au Québec: c’est devenu un outil de référence pour les alcools québécois et je suis encore hyper fière de cet aspect-là de ce livre. Je suis contente d’avoir un marqueur temporel de la distillation québécoise, du début de tout ça. En allant chercher des chefs pour le livre Apéro: à boire et à manger, je voulais retrouver cette connexion humaine.
— Quelle est la place des produits locaux dans ce que tu crées?
Je les mets de l’avant parce que je les aime pour vrai, j’en suis fière pour vrai. Quand on est capable d’avoir un produit aussi bon, sinon meilleur que ce qui se fait ailleurs, c’est tout à fait indiqué de l’utiliser. J’en fais un peu moins la promotion qu’avant, car le milieu a changé, il s’est cannibalisé. Je me faisais reprocher de ne pas utiliser telle ou telle liqueur… Pour moi, ça reste la qualité avant tout! On a des producteurs locaux qui font bien les choses, qui travaillent avec passion et qui ne tournent pas les coins ronds.
— Ce n’est pas un secret pour personne, les gens boivent de moins en moins d’alcool. Sens-tu cette tendance de ton côté également?
Ç’a fait partie de la réflexion sur ma pérennité. Les cocktails étaient un sujet de niche, il l’est encore plus! Mais les gens boivent encore et plus de cocktails qu’avant! De toute façon, j’intègre aussi du sans alcool dans mon contenu, mais je ne sens pas un si grand intérêt. Peut-être que c’est mon public?
En ce moment, le dirty martini est très à la mode. Le negroni aussi. Le Hugo Spritz fait changement de l’Aperol Spritz. La tequila gagne du terrain, la margarita aussi. J’aimerais bien rendre les vermouths, les amari (liqueur italienne douce-amère) et les xérès (vin fortifié) à la mode. C’est un travail de plusieurs années!