L’homme qui enseignait à faire des bagels montréalais - Caribou

L’homme qui enseignait à faire des bagels montréalais

Publié le

04 juillet 2026

Texte de

Virginie Landry

Photos de

Virginie Landry

La Bagel Class de Will Paquet, un sympathique boulanger de 32 ans, est hyper populaire auprès des touristes en voyage à Montréal. Ses ateliers de deux heures, qu’il donne à raison de huit fois par semaine dans un lumineux local des Lofts Cadbury du quartier Rosemont, permettent d’apprendre à faire de vrais bagels montréalais (et de repartir avec la recette!). Rencontre avec celui qui a fait de ce pan de notre culture culinaire une alléchante offre touristique.
bagel class
Photo de: Brooke Stephenson
La Bagel Class de Will Paquet, un sympathique boulanger de 32 ans, est hyper populaire auprès des touristes en voyage à Montréal. Ses ateliers de deux heures, qu’il donne à raison de huit fois par semaine dans un lumineux local des Lofts Cadbury du quartier Rosemont, permettent d’apprendre à faire de vrais bagels montréalais (et de repartir avec la recette!). Rencontre avec celui qui a fait de ce pan de notre culture culinaire une alléchante offre touristique.
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— Qu’est-ce qui t’a mené à créer la Bagel Class?

Je suis Québécois, mais j’ai passé mon adolescence à Vancouver. Quand j’y habitais, j’ai commencé à faire du pain pour le plaisir. Alors aux études universitaires (en entrepreneuriat), je pouvais faire de huit à dix pains par jour pour me nourrir à petit prix. Je n’ai jamais envisagé de devenir boulanger. Ce n’est pas ce que je voulais faire, me lever au petit matin pour préparer du pain dans une boulangerie.

C’est alors que ma copine m’a offert un atelier pour apprendre à faire du pain au levain. L’atelier était vraiment sérieux, la «vibe» n’était pas là, mais c’est ce qui m’a donné l’idée de départ. J’allais pouvoir être boulanger sans travailler dans une boulangerie!

Je suis revenu au Québec en 2018 et j’ai fait beaucoup de recherche pour monter mon projet. J’ai commencé avec le pain et j’ai ensuite ajouté les ateliers de pizza puis celui des bagels. Après deux semaines, j’avais tellement de demandes pour les ateliers de bagels que j’ai éliminé ceux du pain et de la pizza pour m’y consacrer entièrement.

— Qui assiste à tes ateliers et que viennent-ils apprendre?

Cette année, je dirais que c’est 5% de locaux et 95% de touristes (des Américains, surtout). Les gens viennent principalement à mes ateliers en quête d’une expérience touristique gourmande différente. Pour eux, le bagel est un attrait gastronomique au même titre que le smoked meat ou la poutine. J’ai aussi beaucoup de Français s’étant récemment installés ici qui veulent découvrir la culture culinaire montréalaise par les bagels.

— Qu’est-ce qui différencie tes ateliers des autres qu’on pourrait retrouver à Montréal?

C’est le niveau de plaisir. J’ai essayé de devenir le prof que j’aimais quand j’étais à l’école: drôle, accessible. Le monde du pain est compliqué, si je donne trop d’informations, les gens vont être perdus et vont penser qu’ils ne pourront jamais refaire la recette à la maison.

Lorsque j’étais à Vancouver, j’ai travaillé comme serveur dans un restaurant haut de gamme. C’est là que j’ai appris le service à la clientèle et c’est ce qui me permet aujourd’hui de donner des ateliers vraiment l’fun. Je veux qu’on s’amuse en premier.

Je m’efforce à chaque atelier de créer un lien avec les personnes présentes. J’essaie de trouver un point commun ou de parler de quelque chose que j’ai appris à propos de l’endroit d’où ils viennent, simplement pour qu’ils se sentent vus et appréciés. Je vais peut-être même faire une blague ou deux. (rires)

— Qu’ont-ils de spécial, les bagels montréalais?

Comparés aux bagels new-yorkais, ceux de Montréal sont plus sucrés, plus denses et plus petits. Ici, on les assaisonne puis on les cuit au four à bois. On a l’habitude de les consommer tels quels, sur le pouce, comme une collation.

À New York, les bagels sont plus gros, plus aériens. Ils sont également bouillis dans de l’eau maltée salée avant d’être cuits dans un four conventionnel. Ils servent surtout à assembler des sandwichs avec de la viande de type deli ou du fromage à la crème. D’ailleurs, les Américains qui participent à mes ateliers vont bien souvent aimer mieux les nôtres que ceux de New York.

— Tu t’occupes seul de ton entreprise et de l’animation des ateliers. Te vois-tu poursuivre la Bagel Class encore longtemps?

Encore quelques années, c’est certain. Toutefois, c’est sûr que c’est beaucoup de travail. Si j’engageais des employés, je deviendrais un employeur et je ne sais pas si j’ai envie de ça. Je veux continuer à animer mes ateliers moi-même. Non seulement parce que c’est en gage de qualité, mais surtout parce que j’aime faire du pain. J’aime avoir des conversations avec des gens de partout dans le monde. Oui, j’enseigne à faire des bagels, mais j’apprends tellement aussi!

thebagelclass.com
221-5425, rue de Bordeaux (Montréal)

Envie de bons bagels?

Les institutions historiques montréalaises:

  • St-Viateur Bagel. 263, rue Saint-Viateur Ouest
  • Fairmount Bagel. 74, avenue Fairmount
  • Beaubien Bagel. 828, rue Beaubien Est

D’autres établissements à visiter:

  • Bobino Bagel. 61, rue Laurier (Gatineau)
  • Bagel Henri-Bourassa. 443 Boul Henri-Bourassa E (Montréal)
  • Bügel Fabrique de bagels. 164, rue Crémazie Ouest (Québec)
  • Le Trou, fabrique de bagels. Plusieurs adresses à Montréal et à Rouyn-Noranda
  • Bagel Maguire Café. 1400, avenue Maguire (Québec)
  • Bagelmania. 3262, boulevard Saint-Martin Ouest (Laval)
  • Saint-Simon Bagel. 366 QC-132 (Saint-Simon-de-Rimouski)
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