— Qu’est-ce qui t’a mené à créer la Bagel Class?
Je suis Québécois, mais j’ai passé mon adolescence à Vancouver. Quand j’y habitais, j’ai commencé à faire du pain pour le plaisir. Alors aux études universitaires (en entrepreneuriat), je pouvais faire de huit à dix pains par jour pour me nourrir à petit prix. Je n’ai jamais envisagé de devenir boulanger. Ce n’est pas ce que je voulais faire, me lever au petit matin pour préparer du pain dans une boulangerie.
C’est alors que ma copine m’a offert un atelier pour apprendre à faire du pain au levain. L’atelier était vraiment sérieux, la «vibe» n’était pas là, mais c’est ce qui m’a donné l’idée de départ. J’allais pouvoir être boulanger sans travailler dans une boulangerie!
Je suis revenu au Québec en 2018 et j’ai fait beaucoup de recherche pour monter mon projet. J’ai commencé avec le pain et j’ai ensuite ajouté les ateliers de pizza puis celui des bagels. Après deux semaines, j’avais tellement de demandes pour les ateliers de bagels que j’ai éliminé ceux du pain et de la pizza pour m’y consacrer entièrement.
— Qui assiste à tes ateliers et que viennent-ils apprendre?
Cette année, je dirais que c’est 5% de locaux et 95% de touristes (des Américains, surtout). Les gens viennent principalement à mes ateliers en quête d’une expérience touristique gourmande différente. Pour eux, le bagel est un attrait gastronomique au même titre que le smoked meat ou la poutine. J’ai aussi beaucoup de Français s’étant récemment installés ici qui veulent découvrir la culture culinaire montréalaise par les bagels.
— Qu’est-ce qui différencie tes ateliers des autres qu’on pourrait retrouver à Montréal?
C’est le niveau de plaisir. J’ai essayé de devenir le prof que j’aimais quand j’étais à l’école: drôle, accessible. Le monde du pain est compliqué, si je donne trop d’informations, les gens vont être perdus et vont penser qu’ils ne pourront jamais refaire la recette à la maison.
Lorsque j’étais à Vancouver, j’ai travaillé comme serveur dans un restaurant haut de gamme. C’est là que j’ai appris le service à la clientèle et c’est ce qui me permet aujourd’hui de donner des ateliers vraiment l’fun. Je veux qu’on s’amuse en premier.
Je m’efforce à chaque atelier de créer un lien avec les personnes présentes. J’essaie de trouver un point commun ou de parler de quelque chose que j’ai appris à propos de l’endroit d’où ils viennent, simplement pour qu’ils se sentent vus et appréciés. Je vais peut-être même faire une blague ou deux. (rires)