Riz frit & toast de Rouyn

Riz frit de Rouyn-Noranda

Le duo improbable de cette chronique combine un plat de riz frit d’origine cantonaise servi avec un «à côté» de toast, qui, de coutume, se voit de facto associer à une assiette de déjeuner «2 œufs/bacon» sans prétention.

Texte d’Alex Cruz et Cyril Gonzales, d’École B
Illustrations de Matthieu Goyer

Datant vraisemblablement des décennies des années 1950 et 60 la pratique d’accompagner un plat de riz frit au poulet d’un side’ de toast s’inscrit dans le patrimoine alimentaire entourant la ville de Rouyn-Noranda au Québec. Une ville de la région de l’Abitibi, dont on ignore souvent qu’elle était déjà plus cosmopolite dans ces années-là.

De fait, au début des années 1930, 1 habitant sur 3 de Rouyn-Noranda était issu de l’immigration. Un melting pot où se côtoyaient au quotidien les communautés canadienne-française, juive, russe, ukrainienne, italienne et chinoise…

C’est notamment dans ce contexte sociodémographique particulier pour l’époque que M. Dick Woo se révèlera être un restaurateur hors pair de l’histoire de Rouyn-Noranda. On retient que celui-ci flaira notamment la bonne affaire lorsqu’il démarra le mythique Dick Woo’s radio grill au sous-sol de l’hôtel Radio. Un hôtel réputé pour son ambiance festive et ses concerts de rock and roll. Mais qu’en est-il du rapport entre le riz frit et les toasts?

Ouvert 24h, on dit qu’à l’aube, le radio grill se remplissait d’une faune mixte, qui un peu comme, entre chien et loup, était soit des lève-tôt venus déjeuner, soit des couche-tard venus s’empiffrer de la spécialité de la maison: le riz frit au poulet. De fil en aiguille on dit que les sides’ de toast servis pour accompagner les déjeuners ont fini par se retrouver également à côté d’une portion de riz frit. À savoir que les toasts, ça avait aussi bien sa place près d’un «2 œufs bacon» qu’un riz frit au poulet. C’est donc apparemment dans ce foisonnement humain que la coutume de manger un riz frit avec des rôties a apparemment pris forme pour ensuite se propager dans certaines traditions familiales encore bien présentes dans ce coin de pays.

Cette chronique pique votre curiosité? On vous suggère la lecture suivante pour l’approfondir:
Dossier «Patrimoine et diversité» du magazine Continuité, numéro 159

À propos du Carnet d’École-B

École-B partage des faits saillants et insolites d’une culture culinaire riche et diversifiée, située au bout de l’Amérique, qui, mis à part ses quelques clichés beurrés épais, est, dans son essence, méconnue de la plupart de ses gens. Ce qui est cependant connu, c’est que la culture c’est comme de la confiture, et moins t’en as, plus tu l’étends.

C’est donc dans cet état d’esprit, qu’a été créé le Carnet d’École-B, dirigé par Alex Cruz et Cyril Gonzales, et illustré par Matthieu Goyer.

Chaque semaine, avec une petite touche d’irrévérence, mais avec une énorme dose d’enthousiasme, l’équipe d’École-B publiera des capsules sur la culture culinaire québécoise qui, d’ores et déjà, on vous l’affirme, briseront certaines idées reçues, jetteront quelques pavés dans la mare, et ouvriront, on l’espère, de nouveaux horizons.

À lire aussi dans le Carnet d’École-B